Le monde occidental à un tournant

Un ouragan nommé Trump

Créé le

14.01.2026

Il a démarré son second mandat sur les chapeaux de roues.
Les changements géostratégiques majeurs qu’il impulse sont
la toile de fond de l’année passée. Sur les besoins de financements, le niveau des taux d’intérêt, le développement des cryptos...

Le nom des événements climatiques majeurs respecte normalement l’ordre de l’alphabet. Force est de constater que 2025 n’a pas respecté la règle. Car le fait majeur de l’année a débuté le 20 janvier, lors de l’entrée à la maison blanche de Donald Trump. Et s’il ne fallait retenir qu’un événement, c’est bien les conséquences du retour au pouvoir du chantre du MAGA (Make America Great Again).

On savait le nouveau président américain plus préparé pour son second mandat que pour son premier. On le savait orienté business, pragmatique et hâbleur. S’il n’a pas mis fin à la guerre en Ukraine en un jour, il a profondément influencé l’ensemble du monde.

Commençons par son influence géostratégique. Alors qu’elle avait eu tendance à moquer le nouveau locataire de la Maison Blanche, l’Europe s’est réveillée avec la gueule de bois, constatant avec effroi qu’elle allait perdre des débouchés commerciaux et qu’elle allait devoir assumer bien plus qu’avant la note de sa défense. L’Allemagne, anciennement si austère, a décidé de sortir le chéquier pour organiser un grand plan de relance, consacré aux militaires et aux infrastructures. Voilà de quoi alourdir un peu plus les besoins de financiers, alors que l’Europe cherchait déjà de quoi financer sa transition énergique et son développement technologique. À la clé, des tensions sur les taux longs.

Les États-Unis sont confrontés aux mêmes problèmes sur les taux longs, mais pas pour les mêmes raisons. Outre Atlantique, les déficits sont abyssaux, mais là où, en Europe, le débat atterrit toujours sur la nécessité de les réduire, Trump a une tout autre solution : tordre le bras de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, et de son président, Jerome Powell, affublé tout au long de l’année de sobriquets toujours moins élogieux... Pour améliorer le cycle économique américain, qui facialement va bien (même si des doutes apparaissent sur la crédibilité des statistiques économiques) mais peine à ressurgir sur l’emploi, Donald Trump a sa solution : des taux bien plus bas qu’actuellement. En septembre, la Fed s’est résolue à une première baisse.

Dans un environnement où le dollar a fortement chuté, notamment face à l’euro, la question du financement des États-Unis se pose ouvertement. Mais le « Genius » Trump a décidé de prendre le monde de court sur le sujet des cryptos. Vive les stablecoins en particulier, car aujourd’hui, presque l’intégralité d’entre eux reposent sur le dollar. Ne reste qu’à fixer des règles pour s’assurer que leurs pilotes mettent les ressources dans les bonnes poches. Six mois après son arrivée, Trump promulguait le Genius Act, alors que l’Europe dissertait sur son euro numérique. En 2025, il y a eu tout cela et bien plus encore... Il n’empêche, cette toile de fond transparaît dans grand nombre d’articles de cette séquence.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº911-912