L’année 2025, vue par Nicolas Darbo

Créé le

22.12.2025

-

Mis à jour le

23.12.2025

Retour sur dix posts publiés sur LinkedIn en 2025. Enjeux économiques, réglementaires, technologiques avec le regard d’un expert.

Les sources d’information évoluent avec le temps. Et les réseaux sociaux, et plus particulièrement, dans le monde professionnel, LinkedIn, prennent un rôle accru. Comme Revue Banque, avec ses plus de 40 000 abonnés, certains acteurs ont pris pour habitude de publier des posts sur l’actualité du secteur financier, soit pour informer, soit pour commenter. Associé chez Accuracy, Nicolas Darbo fait partie de ceux-ci.

Voilà plus de deux ans qu’il n’avait pas publié dans nos colonnes. Pour ce numéro, nous avons demandé à cet observateur avisé du marché de nous livrer sa vision de l’année. Non pas comme il est coutume de le faire dans Revue Banque, sous forme d’un article, mais d’une sélection de dix posts publiés à différentes dates dans l’année, assortis pour chacun d’eux un commentaire écrit fin décembre, date de réalisation de ce numéro.

Le parcours proposé nous amène à traiter beaucoup de sujets économiques. De la stratégie de Trump à son impact sur la valorisation des banques américaines... De quoi interpeller une Europe, qui ne parvient pas à consolider son secteur financier et se lance, avec une ambition de souveraineté dans des réflexions sur le marché des paiements, avec notamment la très controversée avancée vers l’euro numérique de détail. Mais derrière le match avec les États-Unis, il y a l’enjeu de la tech. Les banques ont su résister aux développements des fintechs, mais nul ne peut nier l’évolution des usages. La mise en scène atypique de cet article en est le témoignage. Le monde doit bouger, y compris dans la banque de détail ! Les acteurs bougent aussi dans la gestion privée, car il faut se préparer à des transferts massifs de patrimoine avec la génération du papy-boom. Le dernier post retenu est aussi le plus récent de la série : il nous ramène aux valorisations, non du secteur financier, mais de la tech. L’occasion de se rappeler que les arbres, même artificiels, ne montent jamais jusqu’au ciel. J.-F. F.

Le monde avec Trump – Janvier 2025

L’élection de Trump pourrait ne pas être économiquement neutre pour l’Europe, sous au moins trois angles. D’abord, sa politique protectionniste, via des droits de douane renforcés, menace la compétitivité européenne et pourrait affaiblir la performance économique de l’Union. Riposter risquerait d’envenimer les tensions commerciales sans résoudre le problème. Dans ce contexte, négocier un accord tarifaire équilibré devient crucial pour préserver les exportations.

Sur le plan financier, le projet de dérégulation risque d’accroître encore l’influence des banques américaines sur la scène mondiale, au détriment des banques européennes. En allégeant Bâle III, les États-Unis permettraient à leurs institutions de gagner en compétitivité. Face à ces géants, les banques européennes, bridées par des régulations strictes, perdraient du terrain, réduisant leur capacité à financer l’économie et à rivaliser dans un secteur stratégique pour la souveraineté.

Enfin, sur le plan de la défense, la probable réduction de l’aide américaine à l’Ukraine pourrait mener l’Europe à devoir assumer une charge croissante pour sa sécurité. Cette obligation, dans un contexte de dette publique massive, limiterait encore plus ses marges de manœuvre. Sans une stratégie d’intégration renforcée et une mutualisation des ressources, les États européens risquent l’isolement, incapables d’assurer leur propre défense. Des défis, coûteux, pour l’Europe.

Commentaire En janvier, l’élection de Donald Trump soulevait de nombreuses interrogations pour l’Europe. Quelques mois plus tard, alors que les équilibres économiques et géopolitiques se recomposent, certaines dynamiques se précisent. Commerce, finance, défense : autant de domaines où les fragilités européennes apparaissent plus nettement face à un monde plus transactionnel. L’Europe tente de faire passer des menaces de simplification, tant en précisant qu’il ne faut pas entendre « dérégulation ».

Valorisation des banques : l’Europe décrochée – Février 2025

Comme déjà évoqué, les banques européennes affichent des valorisations sensiblement inférieures à leurs homologues américaines. JPMorgan, avec désormais plus de 700 milliards, dépasse les dix premières banques européennes réunies. Plusieurs raisons expliquent cet écart : la croissance plus forte de l’économie américaine, des modèles économiques mieux margés en banque de détail et une domination des marchés de capitaux via des quasi-oligopoles très lucratifs.

La fragmentation du marché bancaire européen aggrave cette disparité. L’Union bancaire incomplète couplée à des réglementations qui empêchent la libre circulation des liquidités freinent les consolidations transfrontalières. Contrairement à la France, où les banques sont concentrées, des pays comme l’Italie et l’Allemagne n’ont pas finalisé leur consolidation nationale. Résultat : l’Europe ne dispose pas de véritables champions pour rivaliser avec Wall Street.

L’avenir n’augure pas de changements favorables. L’administration Trump 2.0 promet une dérégulation accrue, renforçant encore la compétitivité des banques américaines. En Europe, les réformes nécessaires pour harmoniser les marchés avancent assez lentement. Les recommandations du rapport Draghi devraient être mises en œuvre rapidement pour contrer la montée en puissance des États-Unis. Sans cela, le fossé transatlantique risque de se creuser davantage.

Commentaire Début 2025, l’écart de valorisation entre banques américaines et européennes s’imposait déjà comme un fait structurant du paysage financier mondial. Plusieurs mois plus tard, la dynamique observée alors continue de façonner l’équilibre transatlantique, portée par la vigueur de l’économie américaine et un environnement réglementaire de plus en plus favorable à ses institutions financières.

La consolidation européenne toujours en panne – Septembre 2025

Le secteur bancaire européen connaît une activité soutenue en matière de fusions-acquisitions, même sans grand mariage transfrontalier. BNP Paribas a ainsi racheté la banque privée d’HSBC en Allemagne, Crédit Mutuel s’est emparé d’OLB, tandis que BPCE a mis le cap sur Novo Banco au Portugal. Hors de France, NatWest a repris la banque de détail de Sainsbury’s au Royaume-Uni, et Santander vient de mettre la main sur TSB. Un nombre de rapprochements peu habituel.

D’autres opérations sont en cours. En Italie, Monte dei Paschi di Siena a lancé une offre hostile sur Mediobanca, valorisée près de 17 milliards d’euros, avec le soutien de l’État et d’actionnaires stratégiques. En Espagne, BBVA poursuit son OPA sur Sabadell malgré l’opposition de Madrid. En Allemagne, UniCredit a renforcé sa participation à 26 % dans Commerzbank, tout en avançant ses pions en Grèce avec Alpha Bank. Autant de mouvements décisifs attendus.

La géographie des rapprochements n’est pas anodine. Les fusions en banque de détail restent souvent nationales, freinées par l’absence de convergence des usages clients. À l’inverse, les opérations transfrontalières se concentrent dans les métiers spécialisés comme la gestion d’actifs ou la banque privée, où les logiques sont plus homogènes. Au-delà des obstacles réglementaires, cette réalité explique la lenteur du rythme de la consolidation bancaire en Europe.

Commentaire La consolidation bancaire européenne avance, mais sans éclat. Faute de grands mariages transfrontaliers, le secteur se recompose par touches successives, à coups d’opérations ciblées et souvent opportunistes. Derrière l’activisme apparent, une question demeure : l’Europe consolide-t-elle par stratégie... ou par défaut ?

La véritable place des fintechs – Mars 2025

Les fintechs ont dix ans, et pourtant, les grandes banques sont toujours là. Elles affichent des profits solides et une résilience indiscutable. Si les nouveaux entrants ont su bousculer les usages et parfois rencontré un vrai succès, ils n’ont pas remis en cause la place centrale des banques traditionnelles, qui ont su s’adapter et se moderniser. Elles restent des acteurs incontournables, intégrant à leur rythme les innovations qui ont émergé dans l’écosystème fintech.

L’essor du numérique a néanmoins ouvert la voie à des acteurs agiles et spécialisés, mais avec des fortunes diverses. Certains, comme Revolut, Klarna ou Stripe, ont su tirer leur épingle du jeu et atteindre la rentabilité et parfois des valorisations énormes (90 milliards pour Stripe). D’autres, comme Luko ou Wirecard, ont montré les limites d’un modèle trop fragile. À ce stade de l’évolution de ce secteur, il est probable que l’émergence de quelques leader s’accélère.

Toutefois, la technologie va continuer à transformer le secteur financier. L’IA va améliorer l’expérience client, renforcer la lutte contre la fraude automatiser les décisions de crédit. La blockchain et la tokenisation des actifs vont ouvrir de nouveaux modèles d’investissement et de financement. Enfin, l’open banking, avec l’IA, va accélérer la personnalisation des services. Autant d’opportunités pour de nouveaux acteurs et de besoins d’investissements pour les banques.

Commentaire Le combat annoncé n’a pas vraiment eu lieu. Dix ans après leur émergence, les fintechs n’ont détrôné les grandes banques. Elles ont toutefois profondément marqué l’industrie financière, notamment dans les usages. L’intelligence artificielle, tout comme les monnaies digitales, leur donnent un nouveau terrain de jeu.

La révolution Revolut – Avril 2025

Depuis deux ans, les banques traditionnelles peinent à conquérir certains segments clés : les jeunes, les indépendants ou encore les CSP+ mobiles. La baisse du crédit immobilier, pilier d’acquisition historique, a accentué le phénomène. Cette situation profite aux banques digitales comme Revolut ou BoursoBank, qui captent une part croissante de la clientèle avec des offres simples, mobiles et compétitives, et des parcours fluides, en ligne avec les attentes actuelles.

Revolut poursuit ainsi sa forte croissance avec plus de 52 millions de clients dans le monde, dont 5 millions en France, désormais son deuxième marché. Son chiffre d’affaires 2024 bondit de 72 % à 3,7 Mds €, et son bénéfice net double à 920 M€. En France, l’ambition est claire : atteindre 10 millions de clients d’ici 2026, voire 20 millions à 2030, avec une offre élargie incluant épargne et bientôt crédit immobilier. La gamme de produits sera de plus en plus complète.

La néobanque séduit une clientèle de plus en plus fidèle, avec une forte hausse des paiements par carte et des dépôts. Les revenus issus des abonnements atteignent 500 M€, et l’offre Revolut Business représente déjà 15 % de l’activité. L’enjeu majeur demeure celui de compléter la gamme de produits et d’aller vers le crédit afin de parvenir à accroître les revenus par client avant que la baisse des taux n’érode possiblement la marge d’intérêts et ne fasse baisser le revenus.

Commentaire Revolut, symbole de la montée en puissance des néobanques, vient de franchir le cap des 65 millions de clients dans le monde, dont 5 millions en France. Sa trajectoire impressionne et inquiète : en quelques années, la néobanque s’impose comme un acteur incontournable, forçant les établissements traditionnels à revoir en profondeur leur stratégie de conquête et d’innovation.

La nécessaire modernisation de la banque de détail – Novembre 2025

En France, la banque de détail des acteurs traditionnels évolue en dents de scie : depuis 2020, trois années de hausse des revenus et trois années de baisse. Les millésimes 2022 et 2023 ont notamment été pénalisés par la hausse des taux, qui a revalorisé le passif plus vite que l’actif, comprimant les marges. Cette volatilité illustre la fragilité du modèle face à la concurrence digitale et à la transformation des usages, malgré des efforts pour maintenir la proximité avec les clients.

L’année 2026 devrait marquer une hausse mécanique des revenus grâce à l’amélioration de la marge d’intérêt : baisse du coût du passif et poursuite de la revalorisation progressive de l’actif. Cet effet sera temporaire. À moyen terme, la tendance structurelle de pression sur les revenus devrait reprendre, sous l’effet d’une concurrence accrue et de la fragmentation de la relation client, qui pèsent fortement sur la rentabilité des modèles traditionnels.

Pour cette raison, les prochains trimestres doivent être consacrés à l’accélération des investissements digitaux et la transformation des modèles relationnels. L’objectif prioritaire est de conserver la part croissante des clients qui privilégient l’autonomie et ne souhaitent plus une relation classique autour du conseiller et de l’agence. Même si les grandes banques n’avancent pas exactement de la même façon, les travaux sont en cours et accélèrent. A suivre.

Commentaire Face à un marché, deux regards sont possibles. L’un purement comptable et court termiste. Bonne nouvelle : après une année 2025 très favorable sur le plan financier, les perspectives pour 2026 s’annoncent également excellentes pour la banque de détail française. L’autre stratégique avec une vision à long terme. Force est de constater que le secteur reste confronté à une profonde transformation des usages et à une pression concurrentielle croissante. Seule solution possible pour les acteurs traditionnels : accélérer la modernisation des modèles relationnels et des investissements digitaux.

L’atout réglementaire et économique de la banque privée – Octobre 2025

La banque de détail en France présente des spécificités qui pèsent sur sa rentabilité : un modèle de distribution encore fortement dépendant du physique, des crédits à taux fixe assortis d’options non tarifées, une épargne en partie réglementée et des commissions plafonnées. La gestion de fortune échappe partiellement à ces contraintes et, du fait de sa faible consommation en fonds propres, génère des ROE nettement supérieurs (trois à quatre fois plus élevés).

Cette différence de performance explique en partie l’offensive actuelle des banques françaises sur la gestion de fortune, avec plusieurs opérations récentes, dont l’acquisition de Degroof Petercam par Indosuez, de HSBC Allemagne par BNPP ou de Milleis par LCL. Le métier, moins volatil que les activités de marché et bien moins consommateur de fonds propres, apporte une source stable de commissions. Il représente donc une priorité stratégique pour les grands acteurs.

Mais la rentabilité n’est pas la seule motivation. Les enjeux de transmission patrimoniale sont immenses : près de 9 000 milliards changeront de mains d’ici 2040. Les banques traditionnelles doivent impérativement fidéliser la nouvelle génération face à la concurrence croissante des acteurs digitaux, néobanques et CGP. Se positionner tôt est essentiel pour ne pas perdre une clientèle « mass affluent » qui, bien que minoritaire en volume, pèse lourdement dans le PNB.

Commentaire Ce n’est pas un phénomène ponctuel, mais une tendance lourde. Notamment parce que les phénomènes démographiques sont parfaitement anticipables. Dans un marché porté par la dynamique des transmissions patrimoniales, la priorité est désormais de capter et de fidéliser les clients à fort potentiel face à une concurrence digitale toujours plus active. Après s’être imposée en 2025 comme un axe stratégique majeur pour les grandes banques françaises, attirées par sa rentabilité bien supérieure à celle du modèle traditionnel de banque de détail, la gestion de fortune restera au cœur de leur priorité en 2026.

Paiements : la bataille est engagée – Mai 2025

Depuis quelques années, le monde des paiements, connaît des évolutions majeures dans les usages et dans les acteurs. Les premiers changent en effet, avec le développement rapide du paiement mobile, celui du paiement sans contact, accéléré par la pandémie, et enfin celui du paiement instantané, des portefeuilles numériques et des monnaies digitales. De nouveaux acteurs, le plus souvent digitaux, sont également apparus, en concurrence directe avec les banques.

Aux États-Unis, la fusion Capital One–Discover crée un géant du crédit capable de rivaliser avec Visa, MasterCard et American Express. Cette consolidation redistribue les cartes dans le paysage américain des paiements. Elle soulève aussi des critiques sur la concurrence et les risques pour les consommateurs. En parallèle, les régulateurs assouplissent certaines contraintes pour préserver la stabilité d’un marché bousculé par les taux et les besoins de financement.

En Europe, PayPal accélère et défie les initiatives locales, tandis que les banques allemandes contournent Apple Pay avec Girocard. Wero et EuropA se disputent le leadership européen, avec deux stratégies opposées : plateforme unifiée ou interopérabilité. L’ouverture de l’accès NFC sur iPhone redonne un levier aux banques traditionnelles, mais la bataille reste ouverte. L’enjeu est de construire une alternative pour ne pas laisser le terrain aux géants non européens.

Commentaire En 2025, la bataille des paiements s’est jouée à fronts ouverts : aux États-Unis, la consolidation façonne des champions capables de rivaliser avec les réseaux historiques, tandis qu’en Europe, banques et fintechs cherchent encore la parade face aux géants mondiaux. Sans oublier la Banque Centrale Européenne avec l’euro numérique de détail...

L’euro numérique face aux résistances – Juin 2025

Face à l’américanisation des paiements (Visa, Apple Pay, stablecoins), la BCE veut créer un euro numérique pour garantir notre souveraineté monétaire et éviter la dépendance aux infrastructures étrangères. Un projet structurant, au cœur des enjeux de demain pour la zone euro. Mais il rencontre une vive opposition des banques européennes, qui alertent sur une facture potentielle de 30 milliards d’euros, avec notamment une érosion des dépôts bancaires.

Le contraste est saisissant : là où les États-Unis misent sur les stablecoins adossés au dollar, l’Europe veut bâtir une infrastructure publique, intégrée et interopérable. Le débat n’est pas technique : c’est une question de modèle économique et stratégique. Pour les banques, déjà bousculées par les néobanques, les fintechs et les régulations, c’est un nouveau choc à absorber, sans garantie de retour sur investissement ni de cadre d’accompagnement précis.

Derrière cette bataille, c’est l’architecture du système monétaire européen qui se joue, entre institutions publiques et acteurs privés. L’enjeu est d’articuler monnaie centrale, paiements décentralisés, innovation bancaire et confiance citoyenne dans un équilibre durable. Préserver la stabilité tout en accélérant la transformation numérique exigera des choix forts. Réponse attendue d’ici fin 2025, alors que le bras de fer politique et technique continue de s’intensifier.

Commentaire Alors que les institutions européennes tardent à trancher sur l’euro numérique, certaines banques majeures, comme BNP Paribas, explorent activement les stablecoins en euros. Cette montée en puissance du secteur privé souligne une Europe monétaire à la fois ambitieuse et tiraillée entre innovation et conservatisme.

Marchés : comme si on oubliait le risque... – Décembre 2025

Les marchés vivent une euphorie fascinante. Le Nasdaq progresse de près de 22 % cette année, l’Eurostoxx de 16 %, et la confiance semble sans limite, comme si la croissance technologique suffisait à absorber tous les risques. Pourtant, l’histoire financière nous rappelle que les périodes d’emballement précèdent souvent les ruptures. Nos certitudes sont peut-être plus fragiles qu’il n’y paraît, et cette dynamique ressemble parfois à un sprint vers un territoire inconnu.

Quatre failles majeures émergent. L’IA nourrit des valorisations stratosphériques, parfois déconnectées des cash-flows réels. La dette privée gonfle à un rythme inquiétant, avec des défauts en hausse. Les cryptomonnaies dépassent 2 600 milliards de valeur, sans backstop institutionnel clair. Enfin, la dérégulation bancaire américaine rouvre des brèches que 2008 avait pourtant révélées. Aucun de ces risques ne suffit seul... mais l’ensemble forme un cocktail financier explosif.

Le point clé n’est plus de savoir si une rupture surviendra, mais où, quand, et surtout quelle réponse pourra être apportée. Lors des chocs de 2008, 2011 ou du Covid, banques centrales et États ont amorti l’impact via des taux plus bas (plusieurs année des taux zéro) et un endettement en hausse massive (au-delà de 100 % du PIB). Aujourd’hui, les dettes publiques frôlent des niveaux historiques et l’inflation, notamment aux États-Unis, offre moins de latitude. À suivre.

Commentaire Il est des périodes où l’optimisme domine, où la hausse des marchés paraît évidente, presque naturelle. Ces phases d’euphorie, aussi séduisantes soient-elles, méritent pourtant d’être observées avec attention, car elles disent beaucoup des équilibres – et des déséquilibres – d’une époque.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº911-912