Les métiers du private equity ont connu une décennie mouvementée entre 2000 et 2010, marquée par une accélération des opérations jusqu’en 2007 puis un arrêt très brutal des deals. Au-delà des effets de la crise financière, ces métiers ont été confrontés à des difficultés plus structurelles. L’absence de transactions et la crispation des relations entre banquiers et investisseurs ont conduit à augmenter dans de larges proportions la durée de détention des entreprises en portefeuille, alors que le modèle économique de bien des fonds fonctionnait sur une rotation plutôt régulière des participations.
Aujourd’hui, de l’avis de nombreux professionnels, l’appétence pour l’investissement en capital est revenue. Les banquiers sont à nouveau disposés à proposer de la dette et de nombreuses entreprises dépendent de ce mode de financement. Néanmoins, le cadre a changé : la réglementation tout d’abord, avec la mise en place de Bâle III ou celle de la Directive AIFM, mais aussi les niveaux de levier, qui seront examinés de très près par les parties prenantes. En effet, ces dernières ne souhaitent pas tomber dans les excès d’avant la crise financière. Enfin, la sélectivité reste grande, chacun cherchant les meilleures opportunités d’investissement, et dans des secteurs bien spécifiques d’activité.
C’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour des professionnels centrés sur les fondamentaux de leur activité : financer les entreprises en phase de démarrage, de croissance ou de transmission, avec pour objectif partagé le soutien à l’économie réelle.