10 % du PIB français est produit par les acteurs de l’économie sociale et solidaire
Le secteur de l’ESS ne capte pourtant qu’une infime partie des flux de financement privés. Le modèle économique hybride des entreprises sociales, la lenteur du retour sur investissement financier proposé, la gouvernance spécifique qu’elles imposent sont autant de freins à l'intérêt du secteur financier traditionnel. Pourtant, les barrières sont doucement en train de tomber dans un secteur en quête de valeurs nouvelles (lire le dossier « Entreprises sociales : vers un nouveau marché pour les banques », Revue Banque n° 778, mars 2015). Les grilles d’analyses s’adaptent, de même que les conditions de financement. En période de taux bas, face à des investisseurs à la recherche de rendement (lire l’interview d’Aviva France, p. 8), les entreprises sociales ont des atouts à faire jouer.
Encore faut-il que le lien se fasse entre le monde de l’ESS et celui de la finance. Des acteurs spécialisés jouent alors les intermédiaires : à la fin des années 2000, des fonds d’investissement à impact (impact investing) ont vu le jour. C’est le cas du Comptoir de l’innovation (lire p. 10) ou du FCPR de Danone Communities (p. 18), abondé par une Sicav éponyme
Côté grand public aussi, on s’intéresse de manière innovante à ce secteur économique « porteur de sens ». Ainsi les dons des particuliers prennent des formes nouvelles, à travers des produits financiers dits « de partage » (lire p. 26). Les flux de financement transitent enfin par des plates-formes de crowdfunding estampillées « solidaires », à l’instar de Spear (lire p. 20) qui lève de l’argent pour que les banques puissent financer ces entreprises sociales en mal de capitaux. L’écosystème qui permettra de financer la croissance de l’ESS est bien en train d’émerger.