C’était annoncé : l’année 2024 était électoralement riche avec, en janvier dernier, 74 scrutins nationaux prévus. A Taiwan, en Inde, en Iran, en Russie... Mais tout ne s’est pas exactement passé comme prévu. D’abord, dans l’élection de l’année la plus attendue : le scrutin américain de novembre. Le match annoncé Trump/Biden n’a pas pu se tenir, le Président sortant renonçant à se représenter le 21 juillet. La candidature de dernière minute de Kamala Harris, sa Vice-Présidente, a longuement laissé penser que le match n’était pas plié. Et pourtant, déjouant tous les propos des médias, Trump et les Républicains se sont offert un incroyable triplé : présidence, chambre des représentants et sénat. Il va désormais falloir compter avec les États-Unis, de plus en plus décomplexés, de plus en plus auto-centrés.... Le bitcoin s’est réjoui de la situation, lui qui a droit à son ETF investi en direct au début de l’année 2024, suite à la défaite juridique de la SEC, le gendarme boursier outre-Atlantique.
Élections imprévues en France
7 juillet 2024 : on vote en France pour le second tour des élections législatives. Ce n’était pas prévu. Mais le président de la République a pris la décision de dissoudre l’Assemblée Nationale après les résultats décevants de sa majorité aux élections européennes. Une stratégie destinée à éviter une censure à l’occasion du budget 2025...
Économiquement, la situation politique hexagonale a fortement impacté l’environnement. Certes, la croissance française s’établira (les chiffres officiels ne sont pas encore connus) à 1,1 % sur 2024, en légère progression par rapport aux 0,9 % de 2023. Cette amélioration ne doit pas masquer l’absence de dynamique interne. L’économie française a été tirée par les Jeux Olympiques et par la demande externe. La consommation, elle, piétine. Si les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs, on voit mal ce qui pourrait inverser la tendance. C’est le retour du risque pays, d’un fort taux d’épargne de précaution, de la remontée des faillites... Le CAC 40 fait du surplace alors que les marchés américains ont battu records sur records. Les valeurs bancaires françaises affichent des performances boursières bien moindres que leurs consœurs européennes. Cet environnement économique risque de retarder le retour à une certaine normale sur le marché de l’immobilier tertiaire, jugé comme un risque important pour la Banque Centrale Européenne. Une bonne nouvelle toutefois dans ce tableau peu séduisant : le reflux de l’inflation...
Draghi s’étonne de l’excès de normes
La désinflation des textes, elle, ne se voit pas encore. Même si, dans son rapport remis à la présidente de la Commission européenne, Mario Draghi a pointé du doigt l’excès de normes et de contraintes sur le Vieux Continent. 2024 a été notamment marquée par un paquet « Anti-blanchiment » publié au mois de mai et, dans le monde de l’épargne, par les avancées sur la Retail Investment Strategy. Sans oublier les décisions et jugements qui ont impacté le droit bancaire et financier.