Les clauses de déchéance du terme continuent d’alimenter un contentieux qui tourne parfois à l’avantage du
En l’espèce se posait la question du caractère abusif d’une clause de déchéance du terme prévoyant d’une part que les sommes dues par l’emprunteur seraient de plein droit et immédiatement exigibles dans un certain nombre de cas, notamment en cas de retard de plus de trente jours dans le paiement d’une échéance en principal, intérêts et accessoires du prêt, et d’autre part que, pour s’en prévaloir, le prêteur en avertirait l’emprunteur par simple lettre. Ayant fait jouer cette clause à l’encontre d’un couple d’emprunteurs auquel elle avait consenti un prêt immobilier, une banque est assignée en annulation des commandements de payer aux fins de saisie-vente par les emprunteurs qui invoquèrent le caractère abusif de cette clause. Après avoir relevé que la clause litigieuse comportait des causes de déchéance du terme pouvant être déclarées abusives en ce qu’elles étaient étrangères à l’exécution du contrat, la cour d’appel a néanmoins considéré que leur caractère non écrit ne remettait pas en question l’ensemble de la clause litigieuse, qui prévoyait d’autres causes de déchéance du terme valables, notamment celles liées à l’inexécution du contrat de prêt lui-même sur laquelle s’était fondée la banque. Ainsi, « la clause querellée pouvait survivre au retranchement de certaines de ces causes ». La Cour de cassation a approuvé cette approche qui consiste à maintenir « en partie une clause de déchéance du terme dont seules certaines des causes sont abusives, dès lors qu’en raison de sa divisibilité, la suppression des éléments qui la rendent abusives n’affecte pas sa substance ».
Cette solution prend appui sur une décision de la Cour de justice de l’Union européenne en date du 26 mars
Cette solution ne peut qu’être approuvée. Elle est, en premier lieu, conforme à la jurisprudence européenne. Par principe défavorable à une correction judiciaire des clauses abusives, la Cour de justice de l’Union européenne admet que le juge intervienne pour expurger d’une clause ses seuls éléments viciés afin de la maintenir dans ses éléments valables, dès lors qu’ils sont indépendants les uns des
la Cour d’appel n’a pas exclu le caractère abusif de la clause litigieuse, au motif que la déchéance du terme consécutive au défaut de paiement d’une seule échéance ne créait aucun déséquilibre significatif au détriment du consommateur, mais au motif, d’une part, que cette clause pouvait survivre par voie de retranchement des dispositions prévoyant des causes de déchéance du terme extérieures au contrat, et d’autre part, qu’une mise en demeure avait été délivrée aux emprunteurs ». Cependant, la Cour de cassation a ouvert le débat, dans un arrêt du
Clause de déchéance du terme – Caractère abusif de la clause – Pluralité de causes – Divisibilité – Mise en œuvre des causes valablement stipulées.