« Nous sommes tombés dans un système où la spéculation nourrit la pénurie et la pénurie nourrit la spéculation. » C’est en ces termes que
Des responsabilités difficiles à établir
Cette présentation, très politique, sous-pondère toutefois le rôle des fondamentaux dans la hausse des prix que connaissent aujourd’hui ces marchés : « Nous consommons plus que nous ne produisons, c’est une réalité indéniable que les opérateurs des marchés commencent depuis quelques années à prendre en compte. La présence des “spéculateurs” et des fonds indiciels induisent probablement un biais haussier mais ce ne sont pas eux qui font bouger les prix », reconnaît un opérateur des marchés physiques agricoles. Le fait est que la science économique est pour le moment incapable de prouver le lien causal entre la présence des investisseurs financiers et la hausse des prix, rendant l’action réglementaire d’autant plus difficile.
Des régulateurs encore dans le flou
L’une des principales solutions avancées est celle des limites de position que le régulateur pourrait imposer aux acteurs. Elle essuie une levée de boucliers des professionnels des marchés qui soulignent le risque de chute de la liquidité de ces actifs, et cela au détriment des opérateurs physiques. En face, les régulateurs estiment qu’une telle mesure rendrait la formation des prix plus efficiente. Mais même parmi eux, les avis ne sont pas unanimes. Aux États-Unis, où de telles limites ont été mises en place pour certains produits, des divergences demeurent au sein de la
Il est en revanche un point sur lequel tous les protagonistes s’accordent : la nécessité d’une plus grande transparence. Elle doit à la fois concerner les marchés de dérivés (déclaration des positions ouvertes au régulateur, communications au public) et celui au comptant (état des stocks mais aussi de la production et de la demande). C’est sur ce dernier point que les débats risquent d’être houleux au sein du G20, entre les pays développés et le monde émergent, gros producteur et consommateur de matières premières.