Les banques face aux enjeux RH

Créé le

02.10.2025

-

Mis à jour le

03.10.2025

Tensions persistantes sur le marché du travail, salariés en quête
de sens et épuisés, intelligence artificielle bien accueillie :
les RH naviguent entre mutations profondes et impératifs de santé, management et digitalisation, dans un monde du travail bousculé.

Le marché de l’emploi n’est plus ce qu’il était. Au second trimestre 2025, le taux de chômage était de 7,5 %. On a certes eu des chiffres plus favorables, avec 6,8 % au premier trimestre 2023, mais nous sommes loin des 10 % longtemps connus par la France. Preuve de cette rupture, le nombre de postes vacants. Au 1er trimestre 2025, 479 000 emplois pouvaient être considérés comme tels. C’est le constat de la Dares, la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques du ministère du Travail. Rapporté à l’emploi, cela donne un taux de 2,4 %. Il est certes en baisse d’un point depuis le quatrième trimestre 2022, mais bien loin de 1 %, taux connu au début de la décennie 2010. Mais le chômage était alors à plus de 9 %. Le lien entre taux chômage et difficulté du personnel est évident. Dans les emplois qualifiés, un autre critère joue : la formation.

Le fléau des arrêts de travail

La relation des Français au travail a, elle aussi, changé. Les parcours professionnels sont moins linéaires, les ruptures et autres changements de cap plus fréquents. La quête de « sens » des jeunes générations prend le pas sur l’ambition de progression sociale de leurs aînés. Sur la satisfaction, il existe nombre de sondages, témoignant souvent... ce qui arrange les commanditaires. Mais il y a d’autres signaux, indicateurs souvent plus utiles. Tel est le cas des arrêts maladie. En décembre dernier, la Drees, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé cette fois, notait un maintien des arrêts maladie à un niveau élevé en 2023, après de fortes hausses en 2021 et 2022. En cause, notamment, les risques psychosociaux. Le 4e Observatoire des arrêts de travail d’Apicil, publié fin septembre, donne des informations plus fraîches. Selon cette enquête, la durée moyenne des arrêts de travail progresse de l’épaisseur du trait en 2024, à 19,85 jours contre 19,64 jours en 2023. Plus d’un quart des salariés ont connu un arrêt de travail en 2024. Exactement 26,98 %, chiffre en hausse de 0,66 point par rapport à l’année précédente.

Les enjeux du télétravail
et de l’intelligence artificielle

Les méthodes de travail ont, aussi changé. La crise du Covid a ainsi amplifié le développement du télétravail. Dans notre dossier, Gilles Gateau, le directeur général de l’APEC, l’association pour l’emploi des cadres, nous révèle que près de la moitié des cadres démissionneraient si le télétravail était supprimé, et 27 % s’il était réduit. On comprend les débats qui secouent actuellement des tours de l’ouest parisien. Ce sujet du télétravail n’est pas sans poser problème, tant en termes de management des équipes qu’affectio societatis des collaborateurs.

Le télétravail pourrait presque passer pour un enjeu passé, tant le sujet de l’intelligence artificielle déboule. Béatrice Layan, responsable de l’Observatoire des métiers de la Banque, nous détaille les résultats d’une étude interbranche inédite menée par deux observatoires paritaires paritaire du secteur bancaire : l’Observatoire des métiers de la Banque, donc côté Fédération bancaire française (actionnaire de La Revue banque), et l’Observatoire des métiers du groupe BPCE. Les résultats sont encourageants : l’intelligence artificielle générative n’apparaît pas comme une source d’inquiétude majeure pour les salariés du secteur bancaire.

Les avis de la Banque de France,
BNP Paribas et Société Générale

Voilà quelques grandes lignes de l’environnement autour des ressources humaines. Sachant que le secteur bancaire a aussi ses spécificités : il doit notamment gérer sa transition vers un modèle plus digital, avec chez les nationales une politique de réduction du nombre d’agences, mais également tenir compte de l’environnement réglementaire. Maître de conférences à l’IAE Bretagne Sud, Nathalie Audigier nous explique comment rendre les formations réglementaires motivantes.

Faire un dossier sur les RH ne devait pas se limiter à regarder l’environnement. Il fallait aussi donner la parole à des DRH ! Les fins limiers constateront que ce dossier est bien plus féminin que d’habitude... Anne-Sophie Martenot, la directrice générale des ressources de la Banque de France a accepté la sollicitation. Nous avions envie d’avoir sa vision d’une bonne politique de ressources humaines, vu la place de son établissement dans certains classements. Avec Sofia Merlo, DRH du Groupe BNP Paribas, l’objectif était de traiter le sujet majeur de la santé et du bien-être au travail. Enfin, Anne-Sophie Chauveau-Galas, DRH du groupe Société Générale, et Emmanuelle Petelle, présidente de l’association des actionnaires salariés et anciens salariés de la maison, nous proposent un regard croisé sur le thème de l’actionnariat salarié. Une manière de travailler l’affectatio societatis. Surtout quand les cours montent...

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº908