Le vote britannique en faveur du Brexit et la montée de l’euroscepticisme obligent l’Union européenne (UE) et la zone euro à définir un projet fédérateur.
La zone euro doit-elle aller vers toujours plus d’intégration ou, au contraire, faire marche arrière ? Selon Gilles Moec, chef économiste chez Bank of America-Merrill Lynch, « l’
Il n’est pas certain que la décision prise par les dirigeants européens sera celle d’aller vers plus de fédéralisme car le scepticisme à l’égard de l’Union monétaire se développe, même au sein de la communauté financière. Emmanuel Sales, président de la société de gestion d’actifs La Financière de la Cité, juge que la zone euro doit faire son deuil du projet de centralisation budgétaire. L’Union monétaire doit faire marche arrière et les États doivent retrouver leur autonomie. Le gérant ne va pas jusqu’à préconiser le démantèlement de l’euro, mais celui-ci doit se contenter de jouer le rôle de liant à l’intérieur d’une société de nations.
À l’échelle de l’UE, là non plus, le projet n’est pas clair. Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, observe une montée du repli national. Pour lui, les causes résident dans le développement rapide du processus de mondialisation économique et financière, cumulé à la question identitaire posée par l’afflux d’immigrants. La réponse à la montée des nationalismes et au Brexit pourrait venir, non pas de la Commission mais des États membres, grâce à des coopérations étroites dans les domaines de l’économie, de la sécurité et de l’immigration.
Mais pour Dominique Plihon, membre des Économistes Atterrés et d’Attac et professeur à l’Université Paris XIII, la montée de l’euroscepticisme s’explique largement par l’orientation ultralibérale adoptée par l’UE, orientation que le Royaume-Uni a largement favorisée. « Le Royaume-Uni a toujours été un ardent défenseur de la libéralisation financière, dans l’intérêt de son industrie financière », explique l’économiste qui regrette que la Commission actuelle, présidée par Jean-Claude Juncker, accentue le biais libéral de Bruxelles et œuvre pour l’Union des marchés de capitaux, ce projet d’inspiration anglo-saxonne ne correspondant pas du tout aux besoins réels de l’économie européenne.
Si l’Europe traverse aujourd’hui une période de doute et de remise en cause, une nouvelle UE va de facto se forger à mesure que vont progresser les négociations destinées à formaliser la sortie du Royaume-Uni. Cette sortie pourrait ne pas être totale. Selon Vivien Pertusot de