Quel est le point commun entre une entreprise de recyclage d’écrans plats réinsérant des personnes très précaires, un hôpital géré par le privé mais sans but lucratif, un réseau de coachs sportifs qui améliorent le quotidien de pensionnaires de maisons de retraite et un ingénieur qui utilise la chaleur des data center pour chauffer des logements ? Toutes ces structures sont des
Comprendre les modèles hybrides
Pour essayer de mettre un peu d’ordre dans ce secteur social mutant, une loi a été votée en juillet 2014 pour définir le périmètre de l’ESS : il regroupe à la fois les acteurs historiques, définis par leur statut (associations, coopératives…), et les sociétés commerciales poursuivant un objectif d’utilité sociale. Mais au-delà de la loi elle-même, c’est tout l’écosystème de l’ESS qui est en train de s’ouvrir. Longtemps financées par des acteurs estampillés « solidaires », à l’instar du Crédit Coopératif, de La Nef ou de structures locales comme les Cigales, ces entreprises sociales intéressent aujourd’hui de plus en plus le secteur bancaire traditionnel. Qu’il s’agisse de prêts ou d’apport de fonds propres, ces business models hybrides nécessitent d’adapter la grille d’analyse. « Avant d’investir, il est essentiel de comprendre l’impact social souhaité : on peut accepter une rentabilité plus faible, encore faut-il s’assurer que celle-ci est justifiée par un impact social réel et non pas due à une mauvaise gestion », observe Philippe Zaouati, directeur de Mirova, filiale de Natixis AM spécialisée dans la finance responsable. Pour lancer, en janvier 2014, son offre dédiée aux entrepreneurs sociaux, BNP Paribas a ainsi formé 50 chargés d’affaires et analystes crédit aux spécificités de ces clients, et a rédigé une politique de crédit ad hoc. Bpifrance, quant à elle, a décidé d’étendre son concept d’innovation en abondant un fonds d’« innovation sociale » aux côtés des régions (FISO).
Responsable et rentable
Les initiatives se multiplient mais les volumes restent encore très faibles : 20 millions d’euros pour le FISO, 24 millions prêtés par BNP Paribas sur la première année, quelque 110 millions d’euros pour le fonds phare de Mirova… Pourtant, les besoins financiers des entreprises sociales vont aller croissants avec les années, que ce soit à l’amorçage pour que les « bonnes idées » se concrétisent, ou au moment de changer d’échelle. « Les besoins de financement en haut de bilan vont être considérables dans les années à venir, prévient
L’enjeu pour le secteur financier est donc de capter davantage de ressources à travers l’épargne dite « solidaire ». Après l'épargne salariale via les fonds solidaires dits