Il y a un an, la France transposait la directive européenne sur les services de paiement (DSP). C’était un pas majeur dans le projet d’espace commun européen des moyens des paiements, et plus particulièrement des cartes. Doucement mais sûrement, le paysage change, conduisant à l’apparition de nouveaux acteurs. Deux des trois projets de systèmes cartes 100 % européens, EAPS et PayFair, ont débuté leur activité. Le troisième, Monnet, qui implique les principales banques de sept pays, s’est doté d’une structure pour étudier sa viabilité économique et trancher en janvier sur sa création effective.
Côté émetteurs aussi, les choses avancent. La création du statut d’établissement de paiement par la DSP a entraîné l’arrivée sur le marché de nombreuses offres nouvelles, initiées par des acteurs non bancaires. Si la France progresse à tous petits pas sur le sujet, d’autres pays en Europe, Royaume-Uni en tête, sont beaucoup plus actifs et exportent d’ores et déjà leur offre dans l’Hexagone via le passeport européen.
Innovation : trier le bon grain de l'ivraie
Les acteurs installés du marché, banques ou prestataires techniques, ne sont pas en reste. Ces dernières années ont été très fécondes en termes d’innovation marketing et aujourd’hui, il est temps de trier le bon grain de l’ivraie. Un sujet sur lequel la Cnil a d’ailleurs son mot à dire. Le paiement sans contact, très à l’honneur en France en 2010 avec le lancement de l’expérimentation de Nice, se poursuit aussi hors des frontières. Enfin, moins visibles du grand public, les terminaux de paiement se préparent à une petite révolution lors de laquelle les banques pourraient perdre certaines de leurs prérogatives.
SEPA cartes : un long chemin à parcourir
L’ensemble des évolutions du marché des cartes est toutefois conditionné par l’avancée des travaux des différentes instances européennes : l’EPC (European Payment Council) pour la normalisation et la certification des solutions, la Commission européenne pour les commissions d’interchange et l’émergence d’un scheme 100 % européen, ainsi que la Banque Centrale Européenne, qui intervient en transversal sur tous les sujets. Vus par la lorgnette française enfin, ces nouveaux moyens de paiement européens devraient signifier, à plus ou moins long terme, la mort du chèque. Une situation qui profitera aux cartes, à condition toutefois que celles-ci ne pâtissent pas trop de la concurrence des futurs « virements de proximité ».