Veille Sanctions ACPR et juridictions de recours

Sanction prononcée le 13 juin 2019 contre la Caisse d’Épargne Provence Alpes Corse (CEPAC) : blâme et sanction pécuniaire de 2 000 000 euros

Créé le

05.08.2019

La CEPAC a été sanctionnée pour carences dans son dispositif de LCB FT, notamment en ce qui concerne la classification des risques LCB FT, les diligences de connaissance de la clientèle et leur actualisation, le dispositif de contrôle permanent et des défauts de déclarations de soupçon.

Détail des griefs

I. Sur la classification des risques

Selon le grief 1, la classification des risques de LBC-FT n’était pas, au moment du contrôle, suffisamment adaptée aux risques auxquels certaines des activités et clientèles de cet établissement l’exposent :

  • elle ne tenait pas compte des risques particuliers liés aux financements d’actifs outre-mer ;
  • les risques liés aux opérations réalisées par les clients ayant le profil de « joueurs réguliers » n’étaient pas suffisamment pris en compte ;
  • la classification des risques a fait l’objet d’une mise à jour tardive, notamment en ce qui concerne le risque de financement du terrorisme lié au crédit à la consommation.
II. Sur le dispositif de suivi et d’analyse des relations d’affaires

Selon le grief 2, le dispositif de suivi et d’analyse des relations d’affaires de l’établissement était insatisfaisant :

  • les délais de traitement des alertes générées par l’outil de surveillance a posteriori des opérations de la clientèle, géré par le groupe, étaient trop longs ;
  • certaines opérations détectées par l’outil ne faisaient pas l’objet d’une analyse suffisante (174 alertes avaient été clôturées sans suite au cours du 1er semestre 2017 avec le commentaire « client injoignable », mais ce seul motif ne suffit pas à la clôture de l’alerte, quand bien même l’opération détectée aurait été justifiée).
III. Sur le dispositif de contrôle permanent

Selon le grief 3, le dispositif de contrôle permanent de la CEPAC a été jugé incomplet et insuffisant :

  • l’échantillon de contrôle par sondage des alertes LCB-FT closes sans suite ne porte que sur 23 des 37 scénarios de l’outil ;
  • le contrôle permanent de second niveau était incomplet, car il ne portait pas sur le délai de traitement des alertes LCB-FT.
IV. Sur la connaissance de la clientèle et son actualisation

Selon le grief 4, les informations recueillies par la CEPAC sur sa clientèle sont incomplètes et insuffisamment actualisées :

  • au moment du contrôle, l’information sur les revenus était manquante pour 55 % des clients personnes physiques, qui représentent 94 % de la clientèle totale ;
  • l’information relative à la catégorie socioprofessionnelle (CSP), lorsqu’elle était renseignée, pouvait être erronée en l’absence de mise à jour (58 905 clients âgés de plus de 40 ans étaient enregistrés comme étudiants, et constituaient 20 % de cette CSP).
V. Sur les défauts de déclaration de soupçon

Selon le grief 5, les opérations de 25 clients auraient dû donner lieu à l’envoi d’une déclaration de soupçon à Tracfin.

 

LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT ET CONTRE LE FINANCEMENT DU TERRORISME – CONNAISSANCE DE LA CLIENTÈLE ET ACTUALISATION – CLASSIFICATION DES RISQUES LCB FT – CONTRÔLE PERMANENT – DÉCLARATIONS DE SOUPÇONS.

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À retrouver dans la revue
Banque et Droit Nº186