Chronique : Droit pénal bancaire

Droit pénal bancaire : Exercice illégal de la profession de banquier – Exceptions – Ordonnance – Personnes physiques souscrivant des minibons

Créé le

05.07.2016

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Mis à jour le

21.07.2016

Ordonnance n° 2016-520 du 28 avril 2016 relatives aux bons de caisse : JO 29 avr. 2016, texte n° 16.

 

L’ordonnance du 28 avril 2016 relatives aux bons de caisse vient prévoir une nouvelle dérogation au monopole bancaire par une modification du contenu de l’article L. 511-6 du Code monétaire et financier. Celle-ci réduit alors, encore un peu plus, le champ d’application du délit d’exercice illégal de la profession de banquier.

Le monopole bancaire est prévu par l’article L. 511-5 du Code monétaire et financier. Celui-ci interdit non seulement « à toute personne autre qu’un établissement de crédit ou une société de financement d’effectuer des opérations de crédit à titre habituel », mais aussi « à toute personne autre qu’un établissement de crédit de recevoir à titre habituel des fonds remboursables du public ou de fournir des services bancaires de paiement ». La violation de ce monopole est sanctionnée par le délit d’exercice illégal de la profession de banquier envisagé par l’article L. 571-3 du code.

Le monopole bancaire connaît cependant des exceptions, dont la majorité figurent aux articles L. 511-6 et L. 511-7 du code. Or, ces derniers n’ont cessé de s’étoffer depuis deux ans. Ce fut ainsi le cas par l’ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014 au bénéfice des « personnes physiques qui, agissant à des fins non professionnelles ou commerciales, consentent des prêts dans le cadre du financement participatif de projets déterminés [1] », par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 en faveur des « sociétés de tiers-financement définies à l’article L. 381-2 du Code de la construction et de l’habitation dont l’actionnariat est majoritairement formé par des collectivités territoriales ou qui sont rattachées à une collectivité territoriale de tutelle [2] » et par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 visant certaines entreprises pouvant, sous de multiples conditions, prêter de l’argent aux entreprises avec lesquelles elles ont des liens économiques [3] .

Or, une nouvelle exception vient d’être instituée par l’ordonnance n° 2016-520 du 28 avril 2016 relative aux bons de caisse. Précisons, avant toute chose, que ce texte a pour objet de moderniser le régime juridique applicable aux bons de caisse (titres remis par une entreprise en échange d’un crédit qui lui est accordé) et de procéder aux adaptations nécessaires pour permettre l’intermédiation de ces titres sur les plates-formes de financement participatif des conseillers en investissements participatifs (CIP) et des prestataires de services d’investissement (PSI). L’article 4 de cette ordonnance modifie à la fois les articles L. 511-6 et L. 511-7 précités.

En premier lieu, est créé un 7 bis à l’article L. 511- 6 prévoyant une dérogation aux bénéfices des « personnes physiques agissant à des fins non professionnelles ou commerciales » et des « sociétés agissant à titre accessoire à leur activité principale, qui achètent ou souscrivent des minibons mentionnés à l’article L. 223-6 ». Ces derniers sont une nouvelle catégorie de bons de caisse ayant pour particularité de pouvoir être échangés sur les plates-formes internet de financement participatif. Les émissions de ces minibons pourront atteindre un montant fixé par décret à 2,5 millions d’euros sur 12 mois. En second lieu, l’article L. 511-7 est modifié pour que les entreprises puissent émettre de tels minibons du moment qu’elles n’effectuent pas « à titre de profession habituelle » d’opération de crédit au sens de l’article L. 313-1 du code.

 

La chronique Droit pénal bancaire est assurée par Jérôme Lasserre Capdeville.

 

1 Banque et Droit n° 156, 2014, p. 48, obs. J. Lasserre Capdeville. 2 Banque et Droit n° 163, 2015, p. 90, obs. J. Lasserre Capdeville. 3 J. Lasserre Capdeville, « La limitation du monopole bancaire par la reconnaissance du prêt inter-entreprises », RD banc. fin., n° 1-2016, Focus 1, p. 3.

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À retrouver dans la revue
Banque et Droit Nº167
Notes :
1 Banque et Droit n° 156, 2014, p. 48, obs. J. Lasserre Capdeville.
2 Banque et Droit n° 163, 2015, p. 90, obs. J. Lasserre Capdeville.
3 J. Lasserre Capdeville, « La limitation du monopole bancaire par la reconnaissance du prêt inter-entreprises », RD banc. fin., n° 1-2016, Focus 1, p. 3.