Voici encore un cas d’escroquerie commis par une employée de banque mais, cette fois-ci, au détriment directement de l’établissement de crédit lui-même. L’intéressée avait fait usage de faux documents remis Banque & Droit n° 165 janvier-février 2016 91 par un tiers pour faire obtenir à plusieurs personnes des crédits à la consommation (pour 63 900 euros en tout). La caractérisation des manoeuvres frauduleuses était assez évidente ici : c’est à la vue des faux documents accompagnant les demandes de la prévenue que la banque avait été amenée à débloquer des fonds qui ne l’auraient pas été
Par ailleurs, notons que la prévenue était également reconnue coupable d’abus de confiance, pour avoir débloqué des fonds à hauteur de 17 000 euros sur le compte de l’une des clientes de son portefeuille afin de les remettre à un tiers. Ce retrait constitue bien évidemment un détournement des fonds dont elle avait la gestion, en qualité d’employée de la banque, à charge pour elle de les représenter, ou d’en faire un usage déterminé, selon la nature des
La prévenue cherchait néanmoins à se défendre en invoquant un cas de contrainte, qui est, pour mémoire, une cause d’irresponsabilité pénale. Ainsi, pour l’article 122-2 du Code pénal : « N’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister ». Cette contrainte doit, pour une jurisprudence bien établie, résulter d’un événement imprévisible et irrésistible ayant empêché le prévenu de se conformer à la
La chronique Droit pénal bancaire est assurée par Jérôme Lasserre Capdeville.