En l’absence de faits constitutifs de faux et d’usage de faux distincts des manœuvres frauduleuses déployées par le prévenu pour se faire ouvrir des comptes bancaires, seuls les faits d’escroquerie peuvent être poursuivis.
Les faits concernaient une personne qui était parvenue, à l’aide de production de faux documents, en l’occurrence de faux contrats de travail et de faux bulletins de salaires, à se faire ouvrir des comptes bancaires et délivrer des moyens de paiement.
Dès lors, une question se posait ici : seul le délit d’escroquerie devait être caractérisé, ou était-il également possible de retenir contre le prévenu les infractions de faux et d’usage de faux ? La cour d’appel de Riom se prononce en faveur de la première alternative. Selon elle, en effet, les faits ne pouvaient être poursuivis en même temps du chef de faux et usage de faux dès lors qu’ils procédaient « de manière indissociable d’une action unique caractérisée par une seule intention coupable ». Dès lors, en l’absence de faits constitutifs de faux et d’usage de faux distincts des manœuvres déployées au moment de l’ouverture des comptes bancaires, seuls les faits d’escroquerie pouvaient être poursuivis.
Cette solution ne surprendra pas le lecteur. Elle concerne le concours idéal de qualification, c’est-à-dire l’hypothèse dans laquelle un fait unique viole diverses dispositions pénales et est susceptible de plusieurs qualifications. En d’autres termes, par un seul et même comportement, un individu commet matériellement et intellectuellement plusieurs infractions. Or, dans un tel cas, la jurisprudence a rapidement posé une règle : la possibilité de ne retenir qu’une seule qualification, dans la mesure où le principe non bis in idem interdit de condamner un individu deux fois pour le même fait. Le choix doit alors se faire pour la qualification pénale la plus haute, c’est-à-dire celle qui prévoit les peines les plus
Toutefois, il convient de garder à l’esprit que le principe mentionné ci-dessus connaît des exceptions. La jurisprudence considère notamment, de longue date, qu’il n’y a pas concours idéal de qualification, mais concours réel d’