Alors que les textes imposent des diligences aux banquiers lors de l’encaissement des chèques, il est habituel que celles-ci ne soient pas effectuées. Il en est ainsi parce qu’il est plus coûteux d‘opérer les vérifications imposées par les textes que d’indemniser les clients qui subiraient un préjudice lors des opérations d’encaissement. Ce faisant, les banquiers prennent un risque dont ils doivent assumer les conséquences. La Cour de cassation l’avait déjà affirmé, dans un arrêt du
La solution est d’ailleurs classique : le banquier présentateur doit détecter les anomalies apparentes comme une rature ou une
Elle désapprouve en revanche les mêmes juges en ce qui concerne le banquier tiré. Pour condamner celui-ci, ceux-ci avaient jugé qu’il ne « devait pas présenter à l’encaissement et à la compensation un chèque sur un mauvais compte » et qu’il « n’a pas vérifié la signature de l’endossement et sa conformité ». La Cour de cassation, dans son arrêt du 17 septembre 2013, censure leur décision pour violation des articles L. 131-38, alinéa 2, du Code monétaire et financier et 1147 du Code civil, la Cour soulignant que le banquier tiré n’est tenu de vérifier, le cas échéant, que la régularité de la suite des endossements et non la signature des endosseurs. Cette solution n’est guère contestable en raison même de l’alinéa 2 de l’article L. 131-38 selon lequel « le tiré qui paie un chèque endossable est obligé de vérifier la régularité de la suite des endossements, mais non la signature des endosseurs ».
Cette solution n’est pas sans conséquence pour le banquier tiré. Il n’y avait eu en l’espèce, semble-t-il, qu’un seul endossement : un endossement par une personne autre que le bénéficiaire. Aussi, faute d’endossements multiples, le banquier tiré n’avait rien à vérifier au titre de l’article L. 131-38, alinéa 2, de sorte que sa responsabilité ne pouvait pas être retenue. Ce qui nous paraît logique puisque le détournement du chèque n’a été rendu possible qu’en raison du défaut de vérification de l’endossement par le banquier présentateur.
La chronique Droit bancaire est assurée par Geneviève Helleringer et Thierry Bonneau.