Des emprunteurs qui mentent sur leur situation financière faussent l’appréciation de la banque sollicitée pour leur octroyer un crédit. Attester, comme en l’espèce, sur les formulaires de demande de crédit « n’avoir aucun autre crédit en cours à titre personnel ou professionnel » alors que les acquisitions concernées sont financées par un ensemble de prêts souscrits concomitamment auprès de différents établissements est sinon pleinement faux (les autres crédits n’étaient pas « en cours »), en tous les cas trompeurs (d’autant plus qu’un apport personnel du tiers du prix était déclaré) et ne permet pas de mettre « la banque en mesure de constater l’existence d’un risque né de l’octroi du crédit », selon la formule claire employée par la Cour de cassation à l’occasion de l’arrêt du 23 septembre 2014. Ce type de comportement est déloyal. Il prive, en retour, les emprunteurs de la protection issue du devoir de mise en garde pesant sur le prêteur.
L’arrêt illustre une solution déjà bien établie sur les conséquences d’une dissimulation de la part des emprunteurs. La première chambre civile avait jugé de manière inaugurale dès 2007 que lorsque l’emprunteur profane ne peut reprocher au banquier un manquement au devoir de mise en garde lorsqu’il dissimule l’existence de crédits en cours de
La solution est logique eu égard à l’objectif du devoir de mise en garde qui est d’avertir le débiteur du risque encouru en raison de l’importance du crédit demandé au regard de sa situation financière. La banque doit collecter des informations pour apprécier la proportionnalité de la charge. Elle se renseigne via des bases de données (un projet de « fichier positif » recensant tous les crédits à la consommation accordés aux particuliers a toutefois été récemment censuré par le Conseil
La chronique Comptes, crédits et moyens de paiement est assurrée par Geneviève Helleringer et Thierry Bonneau.