Entrée dans l’ère du « tout numérique », la distribution d’assurances connaît une dématérialisation croissante. Ici comme ailleurs, l’innovation technologique devance néanmoins l’encadrement juridique qui, à ce jour, révèle de nombreuses carences. Certes, plusieurs réglementations accompagnent d’ores et déjà les différentes étapes de l’assurance en ligne, comme celles relatives au commerce à distance, à l’économie numérique, à la preuve électronique et aux données
À cet égard, la Directive 2016/97 /UE (DDA ou IDD) peut d’ailleurs paraître décevante, qui perpétue le principe de la communication sur support papier (art. 23.1) : le recours à un site internet fait figure d’exception et son admission est, en outre, subordonnée à de strictes
Face à ce constat, l’ACPR a entrepris d’adapter sa doctrine aux singularités du digital en palliant le déficit d’échanges interpersonnels dans la souscription impliquant une interface numérique (application mobile, site interne…). En ce sens, la recommandation 2013-R-01 du 8 janvier 2013, qui porte sur la connaissance du client dans le cadre du devoir de conseil en assurance vie, est désormais complétée par une annexe qui en décline les principaux points sous l’angle de la souscription en ligne : modalités du recueil des informations sur le client, traçabilité et exploitation de ces informations, procédures et moyens de contrôle à mettre en place.
De toute évidence, cette initiative est loin de saisir toutes les problématiques soulevées par la distribution 2.0. Pour autant, elle rappelle que ces problématiques sont autant de défis qu’il convient de relever sans attendre.
La chronique Bancassurance est assurée par Pierre-Grégoire Marly, Sylvestre Gossou et Michel Leroy.