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Comme un coq sur la pelouse de Twickenham début février ? Revue Banque s’intéresse à l’écosystème financier hexagonal, mais cela ne nous empêche pas de regarder ailleurs. Notre correspondante à Madrid, Stéphanie Salti, s’est donc penchée sur les résultats des banques du sud de l’Europe, espagnoles et italiennes. Santander affiche un profit de 12,574 milliards, en hausse de 14 %. Hola ! Naturellement, cela ouvre des interrogations sur les résultats des banques des différents pays. Nous en avons naturellement parlé lors de notre rencontre avec Nathalie Aufauvre, secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Un échange à bâtons rompus initialement prévu pour évoquer les priorités de supervision et de régulation de la maison (et nous l’avons fait aussi !). De son côté, Julien Grandjean s’est intéressé aux difficultés structurelles des banques de détail françaises.
N’ayons pas peur des gros mots ! Dans l’univers médiatique au sens large, incluant aussi bien les médias traditionnels tout comme les réseaux sociaux, un lecteur, un auditeur, un téléspectateur, un internaute est un consommateur d’information. Comme le banquier vend des services, l’assureur propose des polices (d’assurance !), le média a pour ambition lui aussi de « vendre » son contenu. Disons le tout de go : les outils potentiels n’ont pas la même efficacité. Pourquoi illustrer les textes avec des images ? Tout simplement parce qu’une image est un consommable facile. À la différence du mot. Les chiffres, eux, ont une position entre deux. Ne disons pas médiane, car le chiffre est bien plus proche de l’image que du mot pour le consommateur d’information. Le chiffre imprime facilement la mémoire. Alors, notre société fait un usage démesuré des données chiffrées. D’autant qu’avec ces dernières, on peut faire des séries, les mettre en graphique et donner aisément une information visuelle. Consommable. On peut aussi faire des comparaisons. Au fait, BNP Paribas, c’est mieux ou moins bien que Santander ?
Ce n’est pas moi, grand amateur de chiffres devant l’Éternel, qui contestera leur utilité. Il faut toutefois reconnaître que l’usage exclusif des données relève de la paresse intellectuelle totale, voire de la malhonnêteté. Comparaison n’est pas raison. Quel est le sens de comparer le taux de prélèvements obligatoire d’un pays par rapport à un autre quand l’un finance sa protection sociale de manière collective et l’autre de manière individuelle, ou le coefficient d’exploitation d’une banque en ligne avec celui d’une banque de réseau, ou encore le return on equity d’une banque de marché avec celui d’une banque de détail ?
La donnée ne doit jamais être considérée comme une vérité. Plutôt un point d’entrée, un appât pour essayer d’aller plus loin. Sur le débat banque en ligne/banque de réseau, Richard Michaud s’est livré à l’exercice. Dans notre dossier consacré à la finance et à l’immobilier, nous avons creusé les sujets liés au crédit à l’habitat, du financement de professionnels et de l’immobilier tertiaire, sans oublier un point sur le crowdfunding, formule hier plébiscitée et aujourd’hui en difficulté. Vous verrez, les chiffres ne manquent pas ! Mais sans les mots de l’analyse, ils ne valent rien. n