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Les banques espagnoles et transalpines ont largement bénéficié de la hausse des taux d’intérêt et signé, sans surprise, en 2024 leur meilleur exercice. Du côté espagnol, les six principaux établissements – Santander, BBVA, CaixaBank, Sabadell, Bankinter et Unicaja – ont dégagé des bénéfices de 31,768 milliards d’euros en 2024, en progression de 21,7 % sur une année. En Italie, les cinq plus gros acteurs du secteur – Intesa Sanpaolo, Unicredit, Banco BPM, BPER et Monte dei Paschi – ont publié l’année dernière des profits nets de 23,7 milliards d’euros, en hausse de 7 % sur une année.
Les solutions face à des taux, à nouveau à la baisse
Durant les présentations aux analystes, les banques espagnoles ont insisté sur la mise en place de politiques de couvertures. Elles devraient permettre de compenser à l’avenir la baisse progressive des taux d’intérêt, tout comme la hausse des volumes. Avec un produit intérieur brut (PIB) augmentant presque deux fois plus vite que la moyenne de la zone euro, l’environnement économique en Espagne reste, lui, favorable ; le chômage continue aussi à diminuer légèrement et la pression des coûts de financement sur les emprunteurs s’atténue.
En Italie, les banques devraient bénéficier d’un environnement économique peu dynamique, mais en amélioration. Le produit intérieur brut pourrait augmenter à 0,9 % cette année, comparé à 0,5 % en 2024. « Il est possible que nous assistions à une légère hausse des prêts, essentiellement des prêts immobiliers résidentiels et des prêts aux entreprises », estime Standard and Poor’s dans une note. Et l’agence d’anticiper une progression de 1 % à 2 %. Dans la péninsule italienne, le nouvel univers de taux pousse aussi les acteurs à rééquilibrer leur mix de produits en faveur de la gestion d’actifs et des produits assurantiels, générateurs de commissions : « Nous avons eu un très bon démarrage et généré en janvier 20 % d’activité de plus qu’en janvier 2024, qui était un mois record, s’est expliqué devant les analystes le directeur général de Banco BPM, Giuseppe Castagna. En termes de génération de commissions, nous appliquons une politique de placement de nos produits d’investissement qui nous permet d’augmenter la commission moyenne pour nos produits. »
2025 : poursuite
de la consolidation
Dans les deux pays, la diversification des modèles d’entreprises reste l’un des arguments phares des états-majors des banques pour expliquer leur résilience aux futurs chocs. Fort d’un bénéfice net de 12,57 milliards d’euros en 2024, le numéro un espagnol Santander anticipe ainsi une amélioration des résultats grâce au modèle d’entreprise « One Santander », développé depuis 2019, et à sa diversification géographique (États-Unis, Europe et pays d’Amérique du Sud). Ses activités liées à la consommation, la banque de financement et d’investissement, la gestion de patrimoine et les paiements représentent aujourd’hui près de 50 % des bénéfices nets du groupe. Cette année, elles devraient générer davantage de revenus et compenser un moindre dynamisme des activités de banque commerciale. En Italie, le numéro un (Intesa Sanpaolo) tout comme le numéro trois (BPM ) brandissent aussi des modèles d’entreprises diversifiés.
Au-delà de leurs performances en 2025, les banques du sud de l’Europe seront confrontées à une recomposition de leur secteur bancaire national. En Espagne, l’offre publique de rachat de Sabadell par le numéro deux BBVA devrait se dénouer cette année. Même constat en Italie où les annonces se multiplient : le numéro deux UniCredit a jeté son dévolu sur Banco BPM, lui-même à la manœuvre sur le gérant d’actifs Anima. Monte dei Paschi est à l’offensive sur la banque d’affaires milanaise Mediobanca, tandis que BPER vient de dévoiler ses intentions sur Banca Popolare di Sondrio. De quoi anticiper une année particulièrement animée.