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L’économie aime les temps dégagés et la visibilité. Cela permet aux différents acteurs, entreprises et ménages, de pouvoir sereinement définir des projets. Que la mer bouge un peu fait partie de la règle du jeu, à condition toutefois que les vagues ne soient pas trop fortes.
Septembre sera marqué par une houle cyclonique, et pas forcément par temps radieux. Le 8 septembre, le Premier ministre est censé monter à la tribune de l’Assemblée nationale pour prononcer un discours de politique générale suivi d’un vote.
À l’heure où sont écrites ces lignes, il semblerait que le « oui » n’ait pas la majorité requise. Le 5 septembre 2024, lorsque Michel Barnier a été nommé Premier ministre, il fut beaucoup question de voter un budget à la Nation. L’occasion de s’intéresser aux règles de dépôt de ce texte sur le bureau de l’Assemblée nationale, aux soixante-dix jours de débats nécessaires... Pour finir sur une loi spéciale en décembre, histoire de pouvoir malgré tout lever l’impôt. Puis par une loi de finances promulguée le 15 février 2025, avec un mois et demi de retard. Bis repetita ? Les effets du cyclone de la dissolution affichent désormais toute leur puissance.
Le 17 septembre, Jerome Powell se présentera devant les médias pour commenter la décision du Federal Open Market Committee. A priori, ce devrait être une première baisse des taux depuis le début du mandat du Président Trump. Mais les commentateurs n’auront qu’une pensée en tête : mesurer les effets du cyclone Trump sur l’indépendance de la Banque centrale américaine. À Jackson Hole, l’accueil réservé à Jerome Powell ressemblait à la remise d’un César d’honneur. Il est toutefois possible que, derrière l’homme, ce soit un concept – synonyme de visibilité et de crédibilité pour les marchés – qui soit susceptible de tomber. Drapeau rouge à nouveau ?
Le business risque de durcir, mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler. Alice Georget et Claire Palmier nous invitent à réfléchir à la chaîne de valeur dans la banque de détail, notamment sur la partie distribution. Virginie Wauquiez nous encourage à ne pas lâcher et à garder le cap sur la nature...
Mais ce numéro à une forte empreinte technologique, avec un dossier consacré à la blockchain. On en entend beaucoup parler sans forcément maîtriser. Alors nous avons pris le temps de faire de la pédagogie, d’étudier des réalisations pratiques, mais également de réfléchir à l’impact de la tokenisation sur la stabilité financière, avec Emmanuelle Assouan, directrice générale en charge de la stabilité financière et des opérations à la Banque de France.
De son côté, Yves Choueifaty nous propose une réflexion sur un nouvel ordre mondial, dominé par les Américains grâce aux bitcoins et aux stablecoins, ces crypto-actifs liés à des monnaies fiduciaires. Les États-Unis viennent de voter la loi Genius, pour réguler les crypto-actifs et les stables. L’occasion aussi de financer le Trésor américain, nous dit Laurent Quignon, tout en s’interrogeant de l’ampleur du mouvement. Patrick Artus s’est intéressé pour sa part aux taux longs américains, en nous détaillant les trois raisons de leur hausse future. Les vacances sont finies, mais les houles cycloniques risquent de devenir plus fréquentes.