Services financiers en Afrique

Une innovation portée par le mobile

Créé le

10.04.2015

-

Mis à jour le

27.04.2015

Lors du dernier Mobile World Congress qui s’est tenu à Barcelone en mars dernier, l’Afrique était dans toutes les conversations ou presque. Le mobile money représente une part croissante des revenus des opérateurs télécoms, qui nouent désormais des partenariats avec les banques traditionnelles et développent l’interopérabilité pour séduire leurs futurs clients.

Avec des taux de croissance moyens d’environ 5 % et une population jeune, l’Afrique est, selon Dhafer Saïdane, le « continent de toutes les espérances pour ce XXIe siècle ». Encore confrontés à de nombreuses mutations, réglementaires et technologiques pour la plupart, les pays du continent ont su saisir la révolution digitale au vol, et transformer leurs économies.

Mieux, les acteurs de ce développement – privés et publics – ont désormais intégré ce qui peut résonner comme une évidence, à savoir que les recettes de la croissance africaine se trouvent… en Afrique.

Le secteur financier se trouve en première ligne dans ce processus de transformation. C’est ainsi que la décennie écoulée a vu émerger de grands groupes bancaires panafricains ; et que désormais, toutes les parties prenantes de la chaîne des paiements (opérateurs télécoms, banques, opérateurs de cartes, et même les « GAFA » !) construisent des partenariats inédits pour créer l’interopérabilité et la connectivité nécessaires au développement de leurs activités. Le prochain milliard de clients sera davantage situé dans des zones rurales, où l’accès à l’électricité, sans même parler du réseau télécom, est difficile.

Les gouvernements qui ont compris les enjeux de l’accès à Internet et au mobile money se dotent peu à peu de réglementations qui donnent aux opérateurs un cadre stable et attractif, à l’instar de la loi bancaire entrée en vigueur au Maroc le 5 mars dernier.

C’est pour toutes ces raisons que des groupes aussi performants que le London Stock Exchange se lancent désormais dans des partenariats avec des Bourses du continent africain.

Le continent africain est en train d’opérer une mue profonde. Bien entendu, la progression n’est ni linéaire, ni également répartie. Le défi des infrastructures et de l’accès à l’eau est toujours aussi crucial. Mais l’évolution des technologies, associée à un effet volume, gage de rentabilité, permet de faire un pari sur le progrès.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº335