Qu’est-ce qui vous a conduits à nouer un partenariat avec la Bourse de Casablanca ?
Nous sommes convaincus que le pays et la région tout entière sont porteurs de grandes opportunités de développement. La population connaît l’une des plus fortes croissances au monde ; la classe moyenne se développe également de façon très
Justement, vous cherchiez auparavant à attirer les cotations à Londres. Désormais, vous cherchez à développer les marchés localement. Qu’est-ce qui a changé ?
Nous voyons de grandes opportunités dans un développement symbiotique. Les doubles cotations, à l'instar de l'accord que nous avons conclu avec le Nigerian Stock Exchange, à
Ce partenariat est avant tout orienté en direction du segment des PME. Quelles sont les caractéristiques de ce marché ?
L’un des atouts majeurs du Maroc, c’est qu’il est doté d’un puissant tissu industriel, dans le textile et les industries extractives. Cependant, contrairement à nombre de pays de la zone, son économie est relativement diversifiée.
Ensuite, cet accord ne concerne pas uniquement le marché des PME et leur cotation, mais bien tous les segments des marchés de capitaux. Il s’agit de s’inspirer de nos succès à Londres, mais aussi en Italie, afin de proposer les meilleures pratiques à la Place de Casablanca. Cela passe également par un soutien opérationnel aux entrepreneurs, des formations, afin de les aider à rédiger leur business plan, mais aussi des échanges avec les universités, afin de faire suivre, le cas échéant, des formations à certains d’entre eux.
Nous cherchons dans le même temps à stimuler les échanges et les investissements en facilitant les contacts. Il s’agit, enfin, de faciliter l’accès aux marchés européens pour les investisseurs marocains.
La Place de Casablanca n’a jamais caché son ambition de devenir une Bourse régionale. Les tensions politiques peuvent-elles constituer un frein à cette stratégie ?
Je ne commenterai bien sûr pas les aspects politiques contenus dans votre question. Sur le plan économique, nous constatons un fort développement des échanges transfrontaliers, en tout cas du côté des banques, et plus particulièrement des banques marocaines telles que BMCE Bank ou Attijariwafa Bank, lesquelles ont su développer un réseau à l’échelle du continent
Qu’est-ce qui vous a permis de conclure cet accord, alors que d’autres places devaient certainement être concurrence avec vous ?
Avec 3 trillions de dollars d’actifs sous gestion, nous rassemblons l'une des plus importantes communautés d'investisseurs et d'asset managers au monde. C'est un critère d’attractivité extrêmement important pour des partenaires qui cherchent cette dimension internationale. Les principaux investisseurs institutionnels, et au premier chef les fonds souverains, sont installés à Londres. Les fonds souverains y ont même établi leur secrétariat
Enfin, le LSE accueille très régulièrement des responsables politiques de premier ordre : il y a quelques semaines, le premier ministre indien, puis le ministre des Finances mexicain, sont venus dans nos locaux, à la rencontre d’investisseurs. Pour ces derniers, cela représente une opportunité non négligeable.
Souhaitez-vous également contribuer au développement de la finance islamique au Maroc ?
Certainement. À Londres, nous avons joué un rôle majeur dans le développement d’infrastructures de marché compatibles avec les principes de la finance islamique. Notre statut de hub international nous permet de faire le lien entre investisseurs et émetteurs de sukuks, de façon globale. Les levées de fonds réalisées par les entreprises au cours des derniers mois en sont la meilleure illustration : à ce jour, pas moins de 53 émissions de sukuks ont permis de lever 38 milliards de dollars sur la Bourse de Londres.
Prévoyez-vous de signer des accords similaires avec d’autres places émergentes ?
Nous avons engagé des discussions avec un certain nombre de partenaires. Chacun d'entre eux exprime dans le cadre de ces échanges des besoins qui sont spécifiques à leur situation économique. Notre atout principal réside dans le fait que notre gamme d'offre est extrêmement étendue, ce qui nous permet d'envisager des collaborations très différentes avec ces interlocuteurs.
En effet, au-delà de notre marché de base qui est celui de la cotation et du trading, nous développons également des produits dérivés et des index ; l’acquisition de Russell Investments, en 2014, nous permet de conforter nos positions dans ces segments. À titre d’exemple, nous participons au développement d’index trackers en Afrique du Sud, en Namibie, au Brésil, au Mexique, et en Chine. Notre maîtrise technique favorise ces multiples partenariats. Notre activité de clearing et settlement est un autre domaine dans lequel nous excellons.
Vous verrez sans nul doute, dans les années à venir, de nouvelles avancées de notre part dans ces domaines.
Quel est l’atout principal de la Bourse de Londres dans cette nouvelle stratégie de partenariats ?
Contrairement à bien d’autres Bourses des pays développés, le modèle du LSE est fondé sur l’open access. À l’instar de nos principaux concurrents, notre gamme d’offres est extrêmement étendue, ainsi que je le détaillais un peu plus tôt.
Nous nous distinguons d’eux, car nous pouvons nous interfacer à différents niveaux avec nos partenaires, acteurs des marches de capitaux. Ils peuvent faire du « bundle », c'est à dire qu'ils peuvent s'adresser à nous pour le clearing, par exemple, et contracter avec d'autres pour le reste. Nous sommes également en mesure de fournir le socle technologique tout en étant concurrents sur le marché de la cotation. Notre maison de clearing, qui est le fournisseur de nombre d’autres places boursières, au nombre desquelles Euronext, est une bonne illustration de cette stratégie.