La crise des subprime a contraint les responsables politiques à prendre conscience, avec une certaine urgence, de l’existence et de l’importance du système bancaire parallèle, et à prendre des mesures. Selon les estimations du Conseil de stabilité financière, il représenterait 25 à 30 % du secteur financier mondial, et près de 45 000 milliards d'euros d'actifs financiers en 2010. Cette proportion tend à croître, particulièrement en Europe où les actifs relevant du shadow banking dépasseraient les 10 000 milliards d’euros selon les estimations de la
En effet, la densification des contraintes issues de la réglementation bancaire pousserait hors des banques un certain nombre d'activités.
L’abondante littérature parue sur la question depuis deux ans a permis de mieux appréhender la physionomie du shadow banking, ou « finance de l’ombre ». Deux vérités se dégagent de ces études.
Premièrement, l’essentiel des activités relevant du shadow banking répond dans les faits à des besoins de financement bien réels, même si des dysfonctionnements ont provoqué des chocs systémiques. Pour Thierry Varène, de BNP
Deuxièmement, une même réglementation sera difficilement imposable sur le plan international, car le système bancaire parallèle recouvre des réalités différentes. « Le système financier est très éclaté et complexe. Nous parlons de choses non régulées, comme le shadow banking, qui était surtout un phénomène américain avant la crise : en Europe occidentale, il était peu développé, car le périmètre de la régulation y est beaucoup plus large qu'aux États-Unis, où certaines activités n'étaient pas régulées du tout », a déclaré Edouard Vieillefond, de l’
Un ensemble de constats qui a fait conclure au sénateur Marini que « le système bancaire parallèle ne mérite aucun opprobre, [qu']il répond à une fonction économique nécessaire, mais [qu']il y a un besoin de transparence et de régulation à satisfaire ».
Dans l’état actuel de ses travaux, le Conseil de stabilité financière a défini le shadow banking autour de quatre caractéristiques : la transformation de maturité, la transformation de liquidité, le transfert de risque de crédit ET le recours à un levier excessif. Il a ensuite créé des groupes de travail chargés d’élaborer des recommandations concrètes :
- le Comité de Bâle doit réfléchir aux interactions entre les banques et les entités du système bancaire parallèle ;
- l'IOSCO a la mission d’étudier les fonds monétaires et la titrisation ;
- deux sous-groupes du CSF travailleront respectivement sur la réglementation des autres entités du système bancaire parallèle, sur le prêt de titres ainsi que sur les opérations de « repo ».