Blockchain

Les garanties bancaires
sont d’excellents cas d’usage

Créé le

22.03.2024

-

Mis à jour le

18.04.2024

La gestion des garanties bancaires est consommatrice de papier, d’e-mail et de temps. Des outils existent, mais les données restent centralisées par des tiers
de confiance. La blockchain aurait des avantages évidents, à condition de lever les réticences du marché.

Les garanties bancaires, des outils historiques de sécurisation des transactions commerciales et financières, ont connu une évolution remarquable depuis leurs origines dans les pratiques des marchands et des commerçants anciens. Initialement informelles, reposant sur la confiance ou des garanties personnelles, elles ont évolué vers des mécanismes plus formels avec le développement des institutions financières et des pratiques commerciales.

Aujourd’hui, elles demeurent des instruments essentiels pour atténuer les risques et assurer la confiance et la sécurité dans les transactions internationales. Néanmoins, leur gestion est chronophage. Le processus actuel requiert l’intervention de nombreuses ressources humaines, ce qui engendre des erreurs, des coûts élevés, des retards et des risques de fraude. Face à ces gageures, l’avènement de la technologie blockchain offre des opportunités de modernisation et d’optimisation pour cette activité financière importante, surtout en période d’inflation et d’instabilité géopolitique.

Une modernisation bienvenue

Bien que les mécanismes pour émettre les garanties bancaires soient éprouvés et résilients, ils sont un peu « grippés » voire « rouillés », parfois... À tel point que la modernisation des garanties bancaires devient un sujet d’actualité et d’intérêt gouvernemental. Effectivement, une mission dédiée à la dématérialisation des procédures de financement du commerce international a été lancée en 2022 par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, et le ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger, en embarquant dans ses rouages, les garanties.

En parallèle de ce chantier, de nombreux éditeurs de logiciel proposent désormais des outils permettant de couvrir les besoins dans l’émission des garanties (appel d’offres, négociation des textes de garanties, suivi et gestion des frais, émission des messages SWIFT, émission d’avenants, demande de mainlevées...), mais toujours conditionnés à la centralisation de ces données par des tiers de confiance.

Notamment, un éditeur, leader sur le marché, rend accessible par son outil la digitalisation des garanties en agissant comme une passerelle entre les banques et les entreprises. Il facilite la gestion électronique des transactions et intègre les standards SWIFT pour assurer une transmission sécurisée des données.

Incontournable blockchain

Cette transition vers des méthodes numériques marque le début d’un renouveau pour ce secteur ancien, ouvrant et préparant la voie de futures infrastructures robustes, fiables et transparentes. En effet, la digitalisation s’avère une étape nécessaire pour préparer le terrain à l’adoption ultérieure de technologies comme la blockchain, qui offrent un potentiel encore plus grand en termes de sécurité, de traçabilité et d’efficacité des transactions.

En 2019, les trois principales banques australiennes, ANZ, Commonwealth Bank et Westpac, ont signé un partenariat avec IBM et les centres commerciaux Scentre Group pour mener à bien un projet d’application de la technologie blockchain. Les banques australiennes, Scentre Groupe et IBM avaient utilisé leur propre plate-forme numérique, baptisée Lygon, pour tester leur pilote.

À travers cette initiative, ce consortium a développé un prototype de système de gestion des garanties bancaires, démontrant la capacité de la technologie à simplifier les processus et à réduire les risques et les coûts associés. Bien que concluante, cette expérimentation souligne également les difficultés à surmonter pour une adoption généralisée de la blockchain dans ce domaine.

Quelques obstacles

Parmi ces obstacles, la scalabilité, à savoir la capacité d’un système à gérer un nombre croissant de transactions, constitue un enjeu pour la blockchain dans les services de garantie. Étant donné que les transactions de garantie impliquent souvent de nombreuses parties et génèrent beaucoup de données, les réseaux blockchain actuels peuvent avoir des difficultés à les traiter efficacement.

Par ailleurs, la réglementation joue un rôle crucial. Les réglementations financières sont complexes et varient d’un pays à l’autre, ce qui rend nécessaire une adaptation des données véhiculées par la blockchain aux normes en vigueur. De même, l’interopérabilité avec les systèmes existants constitue un objectif majeur. Pour que la blockchain soit pleinement efficace dans la gestion des garanties bancaires, elle doit pouvoir fonctionner de manière transparente avec les infrastructures bancaires traditionnelles et pouvoir être facilement réversible vers le système traditionnel en cas d’incident technique.

Mais avec l’arrivée de monnaies numériques de banques centrales et des stablecoins, combinés aux smart contracts, les transactions pourront être effectuées de manière rapide, précise et sécurisée, avec une traçabilité complète des paiements et des livraisons sur la blockchain. Cela contribuera à renforcer la confiance entre les parties prenantes et à réduire les coûts et les délais associés aux opérations commerciales traditionnelles, offrant ainsi un avenir prometteur pour la finance mondiale.

L’acceptation du marché est un facteur déterminant. Malgré les avantages évidents de la blockchain, son adoption peut être freinée par la réticence et les réserves des acteurs du marché à adopter une technologie nouvelle et encore largement expérimentale. Il est donc essentiel de sensibiliser et de convaincre les parties prenantes de ses avantages et de sa fiabilité. Pour cela, rien de tel que l’expérimentation !

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº891