Pas facile de rompre. Les États cherchent pourtant à prendre leurs distances avec les banques ; ils ne veulent plus se trouver en première ligne lorsqu'un établissement rencontre des difficultés et être amenés à le secourir. À l'avenir, d'autres acteurs seront mis à contribution, tels que les porteurs d'obligations bancaires, comme le prévoit la directive sur le redressement et la résolution dans son volet sur le
Pire, les débuts de l'Union bancaire pourraient même réactiver (provisoirement) le lien entre les États et les banques. En effet, avant de prendre en charge la supervision des grands établissements européens, la BCE va observer à la loupe les bilans bancaires grâce à une Asset Quality Review et des stress-tests. Or si des besoins de recapitalisations apparaissent fin 2014, les États devront sans doute porter secours aux établissements identifiés comme fragiles. À terme, des mécanismes européens permettront d'éviter ce type de situation mais en attendant, un soutien de la part des États semble difficile à éviter, notamment dans les pays périphériques de la zone euro, d'où la crainte de Natixis de voir ressurgir un risque de restructuration de dettes souveraines européennes.
Les États comme les banques sont soutenus, parfois à bout de bras, par la BCE (voir l'article de Gilles Moec de Deutsche Bank) qui relève un autre lien de dépendance : les banques détiennent pléthore d'obligations émises par leur souverain ; par exemple en Espagne, les banques domestiques détiennent 42 % des obligations espagnoles contre 25 % début 2008. D'où le commentaire de Stéphane Déo (voir son interview) : « On assiste ces derniers temps à une balkanisation des marchés obligataires européens où les investisseurs domestiques possèdent une part croissante de la dette souveraine domestique. »
Toutefois, l'attractivité des titres souverains comme bancaires demeure, comme l'explique dans son article Marie-Anne Allier d'Amundi qui évoque différentes stratégies permettant de bien négocier la prochaine hausse des taux.
Les obligations bancaires méritent un examen approfondi, tant le sort de leurs détenteurs a changé depuis le début de la crise (voir l'article de Julien de Saussure, gérant obligataire chez Edmond de Rothschild AM). Ce contexte nouveau et encore mouvant incite à l'innovation, mais comme le montre Jean-Baptiste Bellon (Trapeza Conseil), certains établissements font preuve d'une créativité contestée par les investisseurs ; ce fut le cas de Commerzbank en février dernier. S. G.