Entre 15 et 20 % par an de
En revanche, il n’y a guère d’anomalie à déplorer du côté des émissions obligataires des banques qui se financent à des taux raisonnables et trouvent facilement preneurs, selon Alexandre Birry, qui explique : « Si les investisseurs en titres obligataires ne sont pas insensibles à la rentabilité de l’émetteur et à sa valorisation boursière, ils ont tendance à privilégier le critère du risque que présente l’émetteur et ils apprécient, sans doute plus que les investisseurs en actions, le renforcement des bilans des banques. De plus, la politique monétaire actuelle est encore très favorable aux émetteurs, dans la mesure où elle contribue à tirer à la baisse le taux auquel ils se financent. »
À des degrés divers, tous les investisseurs espèrent une amélioration prochaine de la rentabilité des banques européennes. Celle-ci pourrait venir d’une remontée des taux, qui permettrait aux banques d’améliorer leurs marges nettes d’intérêt. Bien sûr, cette remontée présenterait également des inconvénients, mais elle est plutôt souhaitée par les investisseurs.
Autre point d’attention : les investisseurs surveillent la baisse des taux de
Autre mouvement attendu : les fusions transfrontalières. Pour Jean-Pierre Mottura, directeur général de la Capssa, « il faut que les banques européennes réussissent leurs fusions » (voir son interview). Selon lui, ces opérations pourraient créer de la valeur. Elles sont également souhaitées par le Mécanisme de surveillance unique (MSU) de l’Union bancaire. L’économiste Nicolas Véron, cofondateur du Think Tank Bruegel, note l’exemple du rachat récent de BPI au Portugal par l’espagnol Caixa Bank, mais il observe que ce n’est pas toujours aussi simple et qu’il est impossible de prédire quelles fusions auront lieu à l’avenir ni à quel rythme (voir son interview).
Les investisseurs regardent également la capacité des banques à réduire leurs coûts, par exemple au travers des fermetures d’agences. Mais dans le même temps, les banques doivent investir pour se digitaliser ! « Pour les investisseurs, l’analyse n’est d’ailleurs pas simple, note Jérôme Legras d’Axiom (voir son article), car il n’y a rien de plus dur à juger de l’extérieur que la qualité d’un investissement informatique ; source d’économies et de nouveaux revenus ou puits sans fond, nous avons tout vu… »
Enfin, le secteur bancaire européen est en réalité constitué d’une multitude de marchés nationaux qui demeurent très distincts, malgré l’Union bancaire (qui reste à achever !). En comparaison, les grandes banques américaines disposent d’un marché domestique beaucoup plus vaste !