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Rencontre avec

Marshall Lux, chercheur à Harvard Kennedy School

Créé le

28.11.2022

-

Mis à jour le

29.11.2022
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Que représentent les produits à paiement différé dits BNPL (Buy Now Pay Later) aux États-Unis ?

Le marché du BNPL pèse environ 180 milliards de dollars et a augmenté de 43 % en 2021. D’ici 2030, il devrait atteindre 3 000 milliards de dollars aux États-Unis.

Faut-il encadrer ce secteur ?

J’en suis convaincu. Contrairement aux banques, les acteurs du BNPL comme Affirm ou Klarna opèrent dans une zone de flou juridique. Par exemple, la loi Truth in Lending Act (TILA) conçue pour protéger les consommateurs ne s’applique que si le paiement est effectué en cinq versements et la plupart se font en quatre fois. Cette absence de régulation conduira à un gros problème pour les plus démunis. Une étude montre que plus de 4 millions d’utilisateurs de BNPL ont recours à des crédits subprimes et plus de 77 % d’entre eux sont jeunes. Ils utilisent de plus en plus les paiements fractionnés pour l’achat de denrées alimentaires. De plus, ces produits sont un poison et la technologie leur permet de faire des achats de manière impulsive et très rapidement, ce qui les pousse à consommer au-delà de leurs moyens.

Le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) en charge de la protection du consommateur dans les services financiers vient de publier un rapport...

Oui. C’est un bon rapport mais c’est déjà trop tard. Il faudra un an pour débattre et adopter une loi et d’ici là un grand nombre de personnes seront touchées par la récession. Le gouvernement doit agir rapidement. Il existe des solutions simples qui s’imposent déjà aux banques. Le coût du paiement différé doit être fixé dès le départ de même que les frais obligatoires. Les bureaux de crédit doivent établir un reporting. Les conditions du prêt doivent être claires et il faut des normes de confidentialité des données.

À retrouver dans la revue
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Revue Banque Nº874