Engagements climatiques, AMF et ACPR font le point

Créé le

21.06.2024

-

Mis à jour le

24.06.2024

[Web only] L'ACPR et l'AMF viennent de publier leur rapport commun sur les engagements climatiques des institutions financières de la Place de Paris. Cette quatrième édition évalue les efforts et les défis des banques, assurances et sociétés de gestion dans la lutte contre le changement climatique.

Depuis l'Accord de Place de 2019, les institutions financières se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Les nouvelles réglementations, comme le SFDR ((Sustainable Finance Disclosure Regulation) et la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), augmentent la transparence des informations extra-financières et incitent les acteurs financiers à intégrer les risques climatiques dans leurs stratégies. Les normes techniques de l'Autorité Bancaire Européenne (EBA) publiées en janvier 2022 et les exigences de l'article 29 de la Loi Énergie Climat en France obligent les banques et les assurances à fournir des données plus détaillées sur leurs expositions aux risques climatiques. Ces données ont été essentielles pour les analyses du rapport de 2024 publié le 19 juin par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Sortie des énergies fossiles

Pour le point-clé d’une sortie progressive du financement des énergies fossiles, les banques et les assureurs ont pris la mesure des enjeux. Ils se sont en particulier engagés à réduire leur exposition au charbon, de façon plus marquée dans l’assurance. Les politiques de limitation ou d'exclusion pour le pétrole et le gaz se sont également renforcées, bien que les dates de sortie ne soient pas toujours fixées. Les recommandations de l'AMF et de l'ACPR sont claires : les institutions financières doivent définir des politiques plus précises et des engagements plus clairs concernant leur exposition aux énergies fossiles. Le rapport souligne l'importance d'établir des calendriers concrets et des critères spécifiques pour la chaîne de valeur des énergies fossiles. Les autorités encouragent également un traitement plus strict des entreprises qui ne respectent pas les conclusions de l'Agence internationale de l’énergie.

Le contexte géopolitique, notamment la guerre en Ukraine, a fortement influencé les engagements climatiques des acteurs de la Place de Paris. Les tensions sur le marché de l'énergie ont conduit à des ajustements nécessaires pour faire face à ces perturbations majeures, redonnant un certain souffle à certaines énergies fossiles comme le gaz. Cela illustre la nécessité d'une résilience accrue et d'une adaptabilité continue des stratégies climatiques des acteurs financiers. Enfin, le rapport souligne la diversité des politiques et des expositions aux hydrocarbures parmi les institutions financières. Cette hétérogénéité représente un obstacle à une approche harmonisée et efficace de la transition énergétique. Les banques et les assurances doivent encore progresser dans l'élaboration de politiques cohérentes et comparables pour réduire leurs expositions aux énergies fossiles.

Le rapport annuel 2023 du Pôle commun ACPR-AMF, complémentaire à ce bilan climatique, renforce l'importance des initiatives législatives et réglementaires. La loi Industrie verte et la collaboration avec les autorités européennes sont des exemples concrets de la volonté d'harmoniser et de renforcer les pratiques durables dans le secteur financier.