Marcel Roncin : Sur le plan réglementaire, je rappellerai la lassitude de la profession face à l’avalanche de textes qu’elle subit depuis 2008, premièrement pour obvier aux effets de la crise, et deuxièmement pour tracer les grandes lignes de ce que doit être le post-marché de demain. Les professionnels sur le terrain doivent se plier à une gymnastique exigeante pour adapter constamment les produits et les systèmes. Cela étant, il faut aller au bout, car l’harmonisation du droit fiscal et celle du droit du titre sont encore devant nous. La Commission européenne va-t-elle enfin s’emparer de cette question ? Quand pourrons-nous dire que nous travaillons à droit constant ? En tout cas aujourd’hui, et depuis 6 ou 7 ans, nous vivons une vie difficile, confrontés à des textes certes nécessaires, mais extrêmement divers et nombreux.
Bertrand du Marais : Depuis la réforme de la Constitution de
F.B. : En effet, nous avons identifié une explosion des coûts salariaux en termes de formation continue. Toute introduction d’une nouvelle réglementation entraîne des coûts d’entrée, typiquement en matière de ressources humaines, qu’il s’agisse de formation continue ou de recrutement.
I.O. : Un commentaire plus positif : la réglementation est en effet lourde et évolutive, mais en observant l’industrie financière au cours de ces 5 dernières années, avec un peu de recul, comme peut le faire Swift, j’ai vu plus d’innovations, plus de nouveaux services ou modèles, que durant les 15 années précédentes. La réglementation, en dépit de sa lourdeur, est aussi un facteur d’innovation qui crée des opportunités.
Question dans la salle : Les différences entre les droits fiscaux des États ne constituent-elles pas aussi une opportunité de service pour les custodians installés localement, en complément de ce qu’ils apportent comme services à leurs clients, par exemple en asset servicing ? Je souhaiterais également revenir sur le paradoxe lié à la réglementation, dont la lourdeur et l’évolution excessive sont montrées du doigt, mais qui est aussi vue comme une source d’innovation, et dont vous souhaitez aussi le renforcement dans certains domaines.
E.R. : Il n’est pas faux de souligner ce paradoxe : si l’inflation réglementaire est vécue au départ comme une contrainte, in fine, elle débouche aussi sur des services nouveaux pour le client. Globalement, notre modèle d’entreprise consiste à simplifier la vie du client et à apporter de la valeur ajoutée par rapport aux différents réglementations et systèmes.
P.C. : Restons pour conclure sur une note positive, notamment pour les étudiants venus aujourd’hui nous écouter : ces débats sont le reflet d’un monde qui bouge et qui va créer des opportunités. Rappelons une fois encore que l’industrie française est la deuxième mondiale en termes de security services, derrière les Américains…