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Problème : cet exercice n’eût en rien reflété la vérité du moment. Le temps ne s’égrène nullement petit à petit ; au contraire, il s’accélère. Illustration de cette modernité où l’information est aussi claire qu’un écran codé de Canal + : Donald Trump ! Un jour, le Président américain décide l’instauration de droits de douane. Peu après, il les suspend pour 90 jours. Puis il les retire pour certains secteurs. La Bourse n’aime pas l’incertitude. Après avoir massivement plongé, elle s’est un peu ressaisie.
Les banques centrales sont sous pression, notamment aux États-Unis. Le 17 avril, la Banque Centrale européenne a décidé de donner un nouveau coup de pouce à l’économie, avec une nouvelle baisse d’un quart de point de ses taux directeurs.
L’économie n’aime pas l’incertitude. Elle préfère les caps, les horizons. Pourtant, la forward guidance des banques centrales, c’est terminé ! La visibilité, c’est terminé aussi ! En France, après avoir été incapable de voter le budget 2025 en temps et heure, on attaque dès le mois d’avril les débats du budget 2026. Voilà qui nous assure un bel immobilisme, tant les inévitables ballons d’essai lancés à cette occasion sont peu propices à la prise de décision.
Mais ne regardons pas simplement le temps de notre montre, celui de l’instant présent. Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. Alors, intéressons-nous à la lune. Et aux grands mouvements des planètes. L’affolement court-termiste ne doit en rien cacher les modifications majeures à l’œuvre dans notre société. Pour notre dossier du mois, nous avions décidé de prendre un peu des chemins de traverse, en nous intéressant à de nouveaux acteurs et de nouveaux marchés.
L’ambition était de comprendre ces évolutions. De voir, par exemple, l’impact des évolutions réglementaires dont il est si souvent question dans ces colonnes. DSP2 hier pour le secteur bancaire, FIDA peut-être demain, notamment pour les assureurs. Nous avons donc demandé à une demi-dizaine d’acteurs récents sur le marché de la banque et de la finance (Defacto, Fintecture, Qonto, Linxea, SwissBorg, Trade Republic, +Simple) de nous livrer leur histoire et leur lecture. Partout, deux éléments ressortent : la technologie et les besoins des utilisateurs. L’un comme l’autre sont des mouvements de fond : l’offre d’hier ne pourra être celle de demain. C’est un risque majeur pour les acteurs historiques. Les enfants ne sont plus la copie de leurs parents.
Sur ce sujet, Julien Bet nous livre, dans l’actualité en Revue, les résultats de sa dernière étude « clients ». Avec un constat fort : le concept de banque principale a du plomb dans l’aile. Ce qui ne sera pas sans poser problème à des modèles économiques où le multi-équipement est le concept principal.
Ce n’est pas le monde de la banque qui change, c’est le monde tout court ! Pour notre interview du mois, nous sommes allés à la rencontre de Florence Lustman, la présidente de France Assureurs. Croyez-vous que l’on assurera demain une voiture électrique comme une voiture thermique ? Que l’on éteindra un incendie de batteries Lithium Ion comme un feu de forêt ? Chez les assureurs, aussi, les enjeux sont majeurs. La vie simple et tranquille ? N’y croyons plus ! Alors, le matin en arrivant au bureau (expression du vieux monde, avant le temps du télétravail), ayons ce principe en tête : le changement, c’est maintenant.