Sous la pression de l’Allemagne, soutenue par d’autres pays d’Europe du Nord, l’Union bancaire se construit autour de la dialectique Réduction des risques vs Partage des risques. Et en vertu de l’orthodoxie allemande, un équilibre doit exister entre ces deux chantiers : les avancées en matière de partage sont conditionnées aux avancées obtenues en matière de réduction. Mais à quel rythme ?
De nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que les progrès en matière de réduction des risques sont désormais très importants et qu’il serait temps d’avancer maintenant sur le partage des risques. Ainsi, Pervenche Berès, députée européenne pour le groupe S&D (Socialistes et Démocrates), relève que la fin 2018 a été marquée par deux accords qui vont permettre de réduire encore les risques bancaires : l’accord du 4 décembre qui porte sur le paquet
Mais l’Allemagne et d’autre pays du nord de l’Europe, comme la Hollande, souhaitent poursuivre sur la réduction des risques. Or l’idée de progresser rapidement sur le partage compte désormais de plus en plus de partisans, en particulier sur EDIS, car l’absence de garantie européenne des dépôts est maintenant clairement perçue comme indirectement responsable de la
Un groupe de haut niveau pour débloquer la situation
Pour débloquer la situation, un groupe de haut niveau a été mis en place et doit obtenir des avancées pour juin 2019. Le groupe de haut niveau cherche actuellement à dépasser cette dialectique réduction/partage des risques devenue bloquante. L’un des membres du groupe explique que les pays du Nord refusent toute discussion pour avancer sur le partage des risques tant que le contrôle des risques n’est pas satisfaisant dans un certain nombre de pays (comme l’Italie) et les pays qui souhaitent avancer sur le partage des risques ont maintenant plus de 6 ans de recul pour constater qu’il n’y a quasiment aucune contrepartie à la réduction des risques. D’où une perte de confiance et un blocage probable de la négociation.
La Commission impatiente
Pour dépasser ce clivage, les membres du groupe vont tenter d’abandonner le prisme réduction/partage des risques pour aborder le débat sous un autre angle. Parmi les idées sur la table, il est proposé de traiter les problèmes de « legacy » avant de passer à la phase « mûre » du nouveau système. En d’autres termes : la régulation récente ne peut pas être mise en œuvre instantanément ; par exemple, le
Selon l’un de ses membres, la Commission est impatiente de finaliser l’Union bancaire, car cela constituerait un élément de stabilisation de l’Union économique et monétaire (UEM) extrêmement important. Et une UEM solide affronterait plus efficacement la prochaine crise. S. G.