Tandis que les banques implantées au travers de filiales dans différents pays de l’Union bancaire souffrent de l’inachèvement de celle-ci, la Commission européenne prépare la révision du cadre CMDI (Crisis Management and Deposit Insurance, en français : gestion de crise et garantie des dépôts). S’agira-t-il d’une étape cruciale vers l’achèvement de l’Union bancaire ? Signal encourageant, le fait d’aborder de front dans cette revue à la fois le sujet résolution/gestion de crise et le sujet garantie des dépôts donne l’impression qu’une avancée importante est possible sur un sujet épineux : le dilemme entre pays « host
Las ! Le sujet de l’amélioration de cette circulation est absent de la consultation lancée en janvier et février derniers par l’exécutif européen dans le cadre de la révision du cadre CMDI. Toutefois, Marie Donnay qui pilote l’Unité Résolution et gestion de crise à la Commission, au sein de la DG FISMA (lire son interview) précise qu’une consultation ne lie pas la Commission et ajoute : « Réduire la fragmentation et parvenir à l’intégration du marché de l’union bancaire via une meilleure circulation du capital et de la liquidité ou du MREL à l’intérieur d’un groupe bancaire, demeure un objectif important et fait partie intégrante de l’agenda de finalisation de l’Union bancaire. L’absence de ce sujet dans la consultation ne remet pas en cause son importance aux yeux de la Commission. Elle traduit simplement la décision politique de se concentrer à court terme sur les sujets plus matures […]. De plus, nous sommes attentifs à ce qui va se passer en juin lors de l’Eurogroupe : nous verrons alors quelle est l’ambition des États membres et la manière dont ils veulent synchroniser les différents sujets. »
Chef du service Financement de l’économie à la Direction Générale du Trésor français, Sébastien Raspiller (lire son interview) ne conteste aucunement la méthode de la Commission et estime que « La revue du cadre de gestion de crise doit […] être la première pierre visant à relancer les progrès en vue de l’achèvement de l’Union bancaire. Elle est un préalable aux progrès sur les autres chantiers ».
Parmi les sujets « mûrs » qui seront de façon quasi certaine traités lors de cette révision du cadre CMDI, se trouve le sort des dépôts non garantis en cas de bail-in. Plusieurs États membres ont fait part à la Commission de leur préoccupation en la matière. Revue Banque a souligné dès mars 2016