Le thème de la concurrence internationale ne fait pas de doute sur certains marchés. Naturellement, la comparaison internationale va de pair. Histoire de simplifier, il est de coutume de l’accompagner de chiffres pour argumenter. Un chiffre, une vérité ! Même si la comparaison confronte souvent choux et carottes. A quoi bon comparer la rentabilité d’une activité de banque et financement et d’investissement à une banque de détail mutualiste solidement implantée sur les territoires ? Dans d’autres secteurs, c’est un fait : le secteur de la technologie marge plus que les fabricants de boulons...
Europe = complexe !
Ce dossier nous avons fait le choix de l’aborder d’abord par le capital réglementaire nécessaire pour exercer. Non en partant d’une comparaison de chiffres, mais dans une confrontation de logiques et d’approche. Alain Laurin et Alexis Hamar de Moody’s se sont livrés à l’analyse comparée des méthodologies, dans une époque où nombre d’acteurs plaident pour une convergence entre Europe et États-Unis. Leur constat corrobore celui fait par Thomas Verdin, Javi Vaja et Courtney Parker de BM&A sur les reportings réglementaires.
L’Europe se complait dans la complexité. Il y a là un sujet institutionnel, mais aussi culturel : les Européens ont peur de tout, les Américains de rien. Face à un tel profil, on va beaucoup moins haut quand ça va bien, et potentiellement moins bas quand ça va mal. Libre à chacun de voir la vie en rose ou en noir...
Alerte aux États-Unis
La vie en rose, tel est un peu l’état des lieux que nous fait Ingrid Hazard, notre correspondante à Boston, à la lecture des derniers comptes trimestriels des grandes banques américaines. Mais la prudence est de mise après les déboires récents de Zions Bancorp et Western Alliance. Jusqu’ici, nous sommes positionnés du côté des acteurs, de leur réglementation, de leurs contraintes. Mais quel est le sentiment des investisseurs sur le sujet ? C’est David Benamou, directeur des investissements d’Axiom Alternative Investment qui a eu la lourde charge de nous répondre. Depuis 2008, l’Europe est littéralement dominée par les États-Unis, mais elle commence à redresser la tête. Il nous livre les raisons de ce rebond et les règles à retomber dans nos vieux travers. L’occasion de se rappeler que certes la rentabilité de secteur bancaire est liée aux contraintes réglementaires, mais qu’elle est aussi très dépendante de l’environnement économique. Et qu’en la matière, l’Europe ne distingue pas vraiment.