La puissance de l’électronique chinoise, de la métallurgie indienne, du pétrole russe et des mines sud-africaines est depuis longtemps connue des pays développés. Mais aujourd’hui, c’est aussi sur les acteurs bancaires des pays émergents qu’il faut compter. Les investisseurs ne s’y trompent pas : « pour un gérant, investir dans une banque émergente est souvent une manière d’acquérir une exposition sur la croissance de la consommation de ces pays, analyse Stéphane Barthélémy, gérant senior chez State Street Global Advisors. Ils sont caractérisés par une population jeune, de plus en plus éduquée et qui commence à peine à consommer. Depuis 2010, la consommation des pays émergents est supérieure à celle de la consommation américaine. Et cette année, il devrait y avoir davantage de ménages gagnant plus de 10 000 dollars en Chine qu’aux États-Unis. » Longtemps concentrés sur leurs marchés domestiques, souvent immenses et faiblement bancarisés, les groupes bancaires émergents comptent bien désormais utiliser les trésors de guerre ainsi accumulés pour exister sur la scène financière internationale.
Une opportunité stratégique et une volonté politique
Un chiffre symbolise cette puissance : en 2011, selon KPMG, 19 des 50 banques dégageant le plus de bénéfices dans le monde étaient issues des
De la Chine à l’Indonésie : l’hétérogénéité du monde émergent
Toutefois, leur difficulté à aboutir à des avancées concrètes sur cette nouvelle banque lors de leur sommet à Durban en mars rappelle combien les situations chinoise, indienne, russe, brésilienne et sud-africaine sont différentes. La même hétérogénéité prévaut au niveau de leur système bancaire et de leurs champions nationaux. La Chine – qui compte 4 établissements parmi les 10 plus grandes banques mondiales en termes de capitalisation boursière – n’a pas un réel besoin de cette banque de développement commune, contrairement à l’Inde ou à l’Afrique du Sud. Grâce à ses puissantes banques publiques, elle fait déjà cavalier seul depuis plusieurs années pour financer le développement international de ses entreprises.
Enfin, les cinq BRICS ne sont pas les seuls pourvoyeurs de groupes bancaires à fort potentiel. D’autres marchés émergents commencent à susciter l’intérêt. On parle aujourd’hui des