Big Data

Vigilance du superviseur

Créé le

19.10.2015

-

Mis à jour le

27.10.2015

La collecte et l’exploitation d’une grande quantité de données – le Big Data – par les acteurs financiers, et notamment par les nouveaux entrants, les fameuses FinTech, éveillent la méfiance des superviseurs.

Invité dans le cadre d’un workshop organisé par Revue Banque le 22 septembre 2015, Frédéric Visnovsky, secrétaire général adjoint de l’ACPR, a certes souligné les perspectives intéressantes ouvertes par le Big Data, notamment pour améliorer la connaissance de la clientèle, mais il a aussi listé quatre points de vigilance :

  • la confidentialité donc le respect des réglementations : en France, il s’agit notamment de la loi informatique et liberté mais aussi, pour ce qui concerne les assureurs, du code de la santé publique car certaines données visent la santé de la personne. Pour Frédéric Visnovsky, « une réglementation européenne voire bien évidemment internationale, serait plus adaptée que des règles nationales » ;
  • la continuité d'activité : l’organisme a-t-il par exemple prévu le cas de vol de données et pourra-t-il maintenir son activité dans une telle situation ?
  • l’adaptation du système d'information : « De nouvelles bases de données peuvent être un facteur de complexité alors que les SI des établissements bancaires et assuranciels sont parfois déjà hétérogènes ; la question de leur adaptation au big data se pose », pour le superviseur ;
  • enfin, la cybercriminalité.
Le superviseur a par ailleurs souligné que «  dès lors que les données sont manipulées par des acteurs régulés, nous pouvons agir sur eux mais s'il s'agit d'acteurs non régulés alors c'est impossible ; il faut donc être vigilant à ne pas créer des acteurs qui pourraient profiter de systèmes trop allégés pour détourner des fonds ou donner des conseils inadaptés à leurs clients ».

Quant au phénomène des FinTech, Frédéric Visnovsky fait remarquer qu’« il vient du monde anglo-saxon, où sont nées les subprime qui étaient majoritairement élaborées par des non-banques ; nous sommes donc très prudents car nous pensons que ces structures peuvent être utilisées à des fins de détournement, de blanchiment ou encore de corruption. Nous voyons d'ailleurs que les premiers procès intentés par un État américain impliquant des financements participatifs non honorés ont lieu aux États-Unis. »

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº789