Ils ont dit

Créé le

29.11.2013

-

Mis à jour le

13.01.2014

2013: Objectif deleveraging

« Dans un marché mondial des fusions-acquisitions en baisse, l’année 2012 aura surtout été marquée par une vague de cessions sans précédent en matière de M&A bancaires. Afin de satisfaire aux nouvelles exigences de fonds propres issues de la réforme Bâle III, les principales banques mondiales ont dû réduire massivement la taille de leur bilan (deleveraging) en vendant leurs filiales non stratégiques ainsi que certains de leurs actifs financiers. En Europe, plusieurs établissements de tout premier plan ont également été contraints par la Commission européenne de subir une cure d’amaigrissement forcée en raison des aides publiques reçues durant la crise.

Même si la plus grosse fusion-acquisition bancaire de l’année est à mettre à l’actif de la banque japonaise Sumitomo Mitsui, pour un montant proche de 6 milliards d’euros, le cas le plus emblématique est sans conteste celui de Dexia. La banque franco-belge a annoncé la cession de pas moins de six entités dans le cadre de son plan de démantèlement ordonné initié en octobre 2011. »

Georges Pujals, chargé d'études, Bureau Van Dijk, Revue Banque n° 758, mars 2013, p. 10.

 

C'est en étant pionnier qu'un pays peut donner le « la »

« Une fois les définitions clarifiées par voie réglementaire, nous serons en mesure d'estimer plus précisément l'impact de cette loi sur la structure des activités des banques. Les chiffres – assez faibles – qui ont été avancés jusqu'à présent par les établissements pourraient être révisés.

Par ailleurs, un facteur important doit être pris en compte : les activités des banques d'investissement, et tout particulièrement les activités pour compte propre, se sont fortement réduites avec la crise. La loi vise à empêcher qu'elles ne se développent à nouveau de manière incontrôlée, comme elles l'avaient fait avant la crise. En fixant une norme dans la durée, la loi aura un impact, pas seulement sur la situation actuelle, mais aussi et surtout sur une situation que nous ne voulons pas revoir. Si les activités en cause se sont établies à un niveau qui est devenu acceptable, la loi ne doit pas mordre à tout prix, mais empêcher les banques de retourner à leurs pratiques antérieures. »

Delphine d'Amarzit, chef du Service du financement de l’économie, Direction générale du Trésor, Revue Banque n° 761, juin 2013, p. 24.

 

Comment les bilans bancaires se sont dégonflés en zone euro

« La baisse des bilans bancaires, qui culminaient à 34 858 milliards en mai 2012, n’a débuté qu’en juin 2012.

Le recul de 6 % des bilans bancaires (soit -2 085 milliards) observé entre mai 2012 et mars 2013, dernier point disponible du bilan agrégé qui s’établissait alors à 32 772 milliards, s’explique pour plus de 40 % par la contraction des “autres actifs”, largement constitués d’instruments dérivés (-902 milliards, -2,6 % en contribution), en réponse à la nouvelle charge en capital imposée par Bâle III au titre des dérivés de gré à gré. Un tiers de la diminution des bilans est inhérent à celle des réserves constituées auprès de l’Eurosystème (-835 milliards, -2,4 %) laquelle n’a été que très légèrement compensée par la contribution positive des prêts interbancaires (+0,4 %), dont l’encours progressait de 4,4 %. La baisse des actifs détenus à l’extérieur de la zone euro a également contribué, dans une moindre mesure (-340 milliards, -1 % en contribution), à la baisse des bilans des IFM […]. Ces évolutions d’ensemble dissimulent néanmoins une ligne de fracture entre les pays du cœur et du nord de la zone d’une part (dont la France), dans lesquels l’encours des prêts à la clientèle continue de progresser, et ceux du Sud d’autre part, caractérisés par le désendettement massif du secteur non financier. »

Laurent Quignon, responsable Économie bancaire, BNP Paribas, Revue Banque n° 761, juin 2013, p. 9.

 

Les fonds américains à l'offensive en Europe

« En cette période de rentrée, le processus de deleveraging sur le Vieux Continent a surtout profité aux fonds d'investissement. Au-delà du rachat de 314 agences appartenant au britannique RBS et de la reprise de la filiale allemande de KBC, c'est surtout la ruée des fonds anglo-saxons sur les actifs espagnols qui retient l'attention.

Tout d'abord, Apollo Global Management a annoncé le rachat d'EVO Banco pour 60 millions d'euros. Filiale de la banque espagnole NCG Banco, il s'agit d'un acteur domestique de petite taille qui possède 1,6 milliard d'euros de dépôts, 702 millions d'euros de crédits, 80 agences et près de 250 000 clients. On notera que cette opération est la première acquisition d'une banque ibérique par des fonds d'investissement étrangers depuis le début de la crise.

Quant aux autres transactions, elles ont concerné des actifs immobiliers. En effet, deux des principaux établissements bancaires espagnols ont cédé leur filiale de gestion immobilière. D'une part, le fonds TPG a racheté à La Caixa, pour 185 millions d'euros, 51 % du capital de Servihabitat Gestion Inmobiliaria. Trois semaines plus tôt, son homologue Bankia annonçait la cession de son pôle immobilier à Cerberus, pour un montant de 90 millions d'euros. »

Georges Pujals, chargé d'études, Bureau Van Dijk, Revue Banque n° 758, mars 2013, p. 10.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº767