Plan de carrière

La culture de la performance

Créé le

26.11.2015

-

Mis à jour le

01.12.2015

Patrick Emmel a été pragmatique dans son évolution de carrière : plutôt que d’attendre les opportunités, il est allé chercher, y compris à l’étranger, les postes qui lui permettent de satisfaire sa curiosité et son goût du challenge. Un parcours qui l’a conduit de la Banque Paribas à Western Union.

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Des débuts classiques pour un diplômé ESCP ?

Diplômé en 1997, plutôt que la voie classique des cabinets d’audit, j’ai rejoint le service du contrôle de gestion de la Banque Paribas. Je voulais apporter une contribution directe et plus personnelle à mon entreprise que ne le permet l’audit. Retenu pour le  Young Executive Program, on m’offrait la possibilité de découvrir les autres métiers de la banque. J’ai osé proposer une expérience à l’étranger. Grâce à mon sens de la persuasion, mon responsable et les ressources humaines ont finalement accepté. Cette expérience était doublement bénéfique, car elle permettait de créer une passerelle entre deux pays, de partager les pratiques et expériences. Au final, les bénéfices ont même dépassé mon département puisque le programme a par la suite intégré la possibilité d’échange avec l’étranger, profitant ainsi aux générations qui ont suivi.

Une carrière courte chez Paribas ?

C’était mon premier poste et j’y suis quand même resté deux ans. J’avais fait le tour de ma fonction, amélioré tout ce qui pouvait l’être à mon niveau et surtout j’avais gardé cet attrait pour l’international. Attiré par de nouveaux challenges, j’ai sauté le pas pour partir à Londres ! Changement de métier, d’environnement, me voici à travailler en audit interne pour une société américaine reconnue : General Electric Frankona.

Puis un nouveau changement ?

Deux ans se sont écoulés durant lesquels j’ai mis à profit ma rigueur et ma détermination au service de l’audit. J’ai apprécié de me plonger dans des sujets variés et de travailler avec des personnes venant du monde entier. Très loin de l’auditeur « inspecteur », j’étais l’auditeur « consultant », persuadé que tout le monde devait travailler ensemble à la maîtrise des risques et l’amélioration des processus, plutôt que de se limiter à distribuer les mauvais points. J’ai cependant voulu revenir à la finance et j’ai donc par la suite postulé en interne à une offre d’assistant contrôleur financier Europe, mais cette fois en Allemagne, à Cologne.

Une étape supplémentaire ?

Un métier que je connaissais dans un nouveau pays et qui s’est terminé par la vente de ces activités par GE. Cette expérience s’est révélée être un nouveau tremplin : un retour sur Paris pour un poste de contrôleur financier, cette fois-ci dans une société immobilière.

Quel objectif de retour en France ?

Aspirant naturellement à terme à un poste de directeur financier, je ressentais le besoin de me remettre à niveau en comptabilité, fiscalité… Ce poste de contrôleur financier, rattaché au directeur général délégué finance, me le permettait, tout en gardant un champ d’action large qui allait de l’informatique au reporting, ceci dans le cadre d’une petite société immobilière. Curieux, j’expérimentais cette fois l’esprit start-up et le profil entrepreneur de cette société qui contrastait avec mes expériences précédentes dans de grosses structures.

Converti à la culture PME ?

Une expérience intéressante et riche. D’autant que j’ai participé à l’introduction en Bourse de cette société qui est devenue l’une des toutes premières SIIC [1] . Cela m’a aussi donné envie d’entreprendre : j’ai donc créé en parallèle ma propre société, que j’ai dû fermer par la suite par manque de temps. Les perspectives d’évolution interne étaient limitées par la taille de l’organisation et désormais prêt pour le poste de directeur financier, j'ai alors rejoint SFDP, joint-venture ensuite intégré à 100 % par Western Union.

Quel adage ?

« L’exemplarité force le respect », c’est le modèle transmis par mes parents. J’exécute tout ce que je prévois jusqu’au bout. Il en est ainsi des projets que j’ai eus à mener, sur la base d’un minimum d’instructions, en respectant les délais. Cela suscite la confiance de mes supérieurs et interlocuteurs. Ils savent que je ne travestis pas la réalité et qu’au-delà des problèmes je cherche les meilleures solutions.

Ambitieux ?

J'ai une certaine ambition. Sans vouloir être particulièrement le premier, je veux être parmi les meilleurs, mais c’est plus à titre personnel que de la pure compétition. J’aime beaucoup cette phrase que j’ai dû voir une fois sur un timbre à l’effigie d’HEC : « se dépasser : la seule course qui ne finit jamais ».

Une priorité ?

Pas vraiment, j’aime apporter ma touche personnelle, améliorer les choses et trouver des solutions simples. Ma priorité a toujours été l’équilibre. Un travail bien fait me procure un sentiment de liberté. Je fais partie de ces gens qui considèrent que le temps que je consacre à mon travail doit me rapporter un maximum de satisfaction.

Quelle perspective de carrière ?

Rien d’écrit, on verra. Le monde évolue si vite. Les besoins de demain sont tirés par tout ce qui est connexion et Internet, via des mini-applications créées en quelques minutes mais qui drainent des millions de connectés. Western Union y travaille et a créé dans ce sens une structure de recherche digitale à San Francisco : on y réfléchit aux moyens de paiement du futur.

 

1 Société immobilière d’investissement cotée.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº790
Notes :
1 Société immobilière d’investissement cotée.