Lorsque les Français Tap to Pay

Créé le

20.12.2023

-

Mis à jour le

08.04.2024

Les fournisseurs de solutions Soft PoS privilégiaient jusqu’à maintenant le système d’exploitation Android. Porté par un milliard d’utilisateurs d’iPhone dans le monde en 2023, l’arrivée en France du Tap to Pay d’Apple élargit leur champ d’action.

Les Français peuvent désormais transformer leur iPhone en terminal de paiement électronique (TPE). Apple a annoncé le déploiement de sa dernière innovation en matière de paiement, Tap to Pay, en France en novembre 2023. Le GIE CB avait prévu sa mise en service progressive par les banques à partir de janvier 2024. Plusieurs accords commerciaux ont été négociés. BNP Paribas a ainsi communiqué sur le lancement de son app AXEPTA, « très prochainement », après le groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne et Payplug), dont deux tiers des clients professionnels sont équipés en iPhone, la néobanque Revolut, mais aussi des PSP (prestataires de services de paiement) tel qu’American Express et des fintechs, Wordline, Adyen, SumUp, Stripe, Stancer, MarketPay ou Viva Wallet.

Afin d’être opérationnel, Tap to Pay nécessite en effet la souscription à un intermédiaire financier, qui décide par ailleurs des frais d’utilisation du service. Ce TPE mobile n’est pas révolutionnaire sur le point technologique mais touche de nombreux acteurs de la sphère financière : réseaux de cartes, banques, PSP et fintechs.

Présentée début 2022, cette solution de Soft PoS (Software Point of Sale) était jusqu’alors disponible aux États-Unis, en Australie, à Taïwan, au Brésil, en Ukraine, et depuis peu en Europe, notamment aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Porté par un milliard d’utilisateurs d’iPhone dans le monde en 2023, Tap to Pay, en tant que TPE mobile sans contact grâce au protocole NFC (near field communication), vient en complément logique du portefeuille numérique Apple Pay, lancé en 2016. Le NFC vient ainsi compléter de manière logique le portefeuille numérique Apple Pay, pour les paiements sans contact. Les deux services partagent la même technologie en matière de sécurité et de confidentialité des données des utilisateurs. Pendant les transactions, Apple utilise un CCP (Contrôleur de Communication en Champ Proche) pour traiter les autorisations de paiement sans contact et générer un identifiant unique, ou jeton, pour chaque transaction, préservant ainsi la confidentialité des informations sensibles.

Un déploiement progressif

Une authentification biométrique, via Touch ID ou Face ID, est requise avant de finaliser un achat. Pour les transactions dépassant 50 euros, les utilisateurs doivent également saisir leur code PIN directement sur le terminal de paiement mobile. Les cartes Visa, Mastercard et Discover sont acceptées, tout comme les portefeuilles numériques tels qu’Apple Pay, Samsung Wallet, Google Pay, et même l’Apple Watch.

Si le Soft POS d’Apple est disponible uniquement dans l’App Store de tous les modèles sous le système d’exploitation iOS 16.4, à savoir iPhone XS et postérieurs, d’autres logiciels de Soft PoS utilisables sous Android, le système d’exploitation de Google, existent aussi en France. C’est le cas de Square Tap to Pay, up2pay du Crédit Agricole, et Phos Soft PoS d’Ingenico, pour ne citer qu’eux. Ingenico a par ailleurs annoncé un partenariat stratégique avec Cybersource, la plateforme mondiale de gestion des paiements et des fraudes développée par Visa. Cette alliance vise à créer une solution globale unifiée de commerce mondial, avec une première utilisation prévue en Asie-Pacifique, suivie d’une expansion dans d’autres régions.

Après Apple Pay et Tap to Pay, Apple Cash – qui permettrait d’envoyer, de recevoir et de demander de l’argent directement depuis l’application Messages – se fait encore attendre en France. Cette perspective alimente la polémique sur la place des GAFAM au sein des services financiers.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº887-888