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Rien n’est moins sûr

Créé le

23.01.2023

-

Mis à jour le

01.02.2023

Difficultés d’approvisionnement, facture énergétique, hausse des taux, etc. sont autant de facteurs d’incertitude pour les entreprises. Le point d’attention et de tension réside aujourd’hui dans le besoin en fonds de roulement, avec des trésoreries gonflées notamment par les Prêts garantis par l’État (PGE). Largement souscrits et accordés par les banques qui y ont été incitées par l’État (qui accorde sa garantie à hauteur de 90 %), les PGE-Covid comptent encore pour 98 milliards d’euros dans les caisses des entreprises. Le plan d’accompagnement en sortie de crise a été prolongé jusqu’en décembre 2022. Un dispositif PGE Résilience a pris le relais du précédent, jusqu’au 31 décembre 2023.

S’il a la même durée maximale (jusqu’à six ans), la même période minimale de franchise de remboursement (12 mois), la même quotité garantie et la même prime de garantie que le premier, le PGE Résilience n’est, lui, accordé qu’aux entreprises qui certifient que leur trésorerie est « pénalisée, de manière directe ou indirecte, par les conséquences économiques du conflit en Ukraine ». Les banques ont cette fois une latitude dans la gestion du risque, les prêts traités comme non performants induisant un surcoût de leurs ratios prudentiels. Le secteur est donc vigilant pour continuer à accompagner ses clients : financer leurs investissements et, autant que possible, maintenir leurs réserves de cash. En la matière, la concurrence s’accroît entre banques, marchés financiers, spécialistes de l’affacturage et nouvelles solutions de plus en plus empreintes de technologie. Pour en savoir plus, notre dossier (pages 24 à 54, ndlr).

On demande beaucoup aux banques, rappelées à l’ordre en novembre dernier par la Banque Centrale Européenne (BCE) : elles devraient gagner en efficacité pour investir et financer la transition climatique. Le calendrier réglementaire leur impose ainsi un rythme soutenu jusqu’à la fin 2024, avec une première échéance en ce mois de mars et une autre à la fin de l’année. Leurs gouvernance, stratégie et gestion des risques doivent se placer dans cette perspective. « Les banques avancent sur une ligne de crête ténue, entre inflation, risque de récession et lutte contre le greenwashing », constate Virginie Wauquiez, directrice générale de Carbon4 Finance (rubrique « Expertise et Métiers », ndlr).

Assembler le puzzle

Chaque demande harmonisée à cette échelle participe, comme une pièce de puzzle, au renforcement d’une Union européenne. Un « actif sûr », qui aiderait les États membres à répondre aux défis posés par le réchauffement climatique ou la transition technologique, constituerait une étape décisive. Bien loin de voir le jour, cette offre de dette supranationale soutiendrait pourtant la finalisation de l’Union des marchés de capitaux (UMC) et de l’Union bancaire. « La nécessité de ces deux unions est plus pressante aujourd’hui avec l’accélération des transitions, car ces dernières requièrent d’importants investissements, tant publics que privés », estime Michala Marcussen, chef économiste du groupe Société Générale (rubrique « Économie », ndlr).

L’Union bancaire ? « Elle ne peut pas réellement exister tant que les différents États continueront à imposer des frontières entre territoires pour se différencier avec des règles du jeu nationales », s’insurge Philippe Brassac. En attendant, le président de la FBF dit « stop » à la course en avant des réglementations européennes qui étranglent les banques. Sauf à vouloir développer un autre modèle que celui de banques universelles et de proximité, pour tendre vers celui des États-Unis, ce qui nécessiterait de donner les moyens à l’UMC de se développer.

À retrouver dans la revue
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Revue Banque Nº877