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Certains liens forts unissent le monde de la finance et celui du sport. L’univers de la voile est très lié au secteur de l’assurance, même si Arkea et Rothschild y prennent part. Le monde du rugby est proche de la banque, même si l’on trouve des mutuelles dans le Top 14 ! Depuis 1987, la Société Générale est ainsi partenaire de la Fédération française de rugby. En club aussi, les banquiers sont là. Natixis est ainsi sponsor principal du Racing 92, Arkea orne les maillots de l’Union Bordeaux Bègles, récent vainqueur de la coupe d’Europe.
Côté pratique, le rugby a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. Il fut un temps où les mêlées étaient le lieu idéal pour les coups de poing, plus ou moins discrets, et autres fourchettes – peu élégante, mais potentiellement efficace, cette pratique consistait à enfoncer ses doigts dans les yeux de l’adversaire. L’heure est aujourd’hui à plus de civilité, les joueurs restant plus calmes, y compris lorsque l’un d’entre eux, rattrapé par l’arbitrage vidéo, se fait exclure du terrain.
L’actualité récente nous laisse à penser que les relations mondiales parcourent, à l’heure actuelle, le même chemin que le monde du rugby, mais en sens inverse ! Provocations, intimidations, tous les coups sont désormais permis. Le match semble désormais dépasser le cadre sportif, depuis que Donald Trump a décidé qu’il fallait changer les règles du jeu.
Mais la réalité du terrain reprend parfois le dessus. Tel est le cas du financement de la dette américaine. Dans l’Actualité en revue, Tân Le Quang fait le point sur la récente dégradation de la note souveraine des États-Unis par Moody’s. Et depuis les États-Unis, Ingrid Hazard nous remonte la volonté des dirigeants américains de revoir le SLR, le Supplementary Leverage Ratio. Une façon de flécher les actifs des banques en priorité vers la dette américaine, à l’heure où les taux longs sont repartis à la hausse outre-Atlantique et où la demande pour les titres de l’Oncle Sam lors des dernières adjudications a été timide. Toujours est-il que cette volonté rappelle que si la régulation est là pour gérer le risque systémique, elle peut avoir parfois d’autres utilités...
Régulation et supervision ne font d’ailleurs pas toujours bon ménage. Le superviseur européen, lui, veut bien faire des efforts, mais non changer son fusil stratégique d’épaule. Et pour Patrick Montagner, membre de collège de surveillance prudentielle de la Banque Centrale Européenne, « affaiblir les règles de prudence affaiblit toujours à long terme ». En attendant, Fanny Avignon revient sur la récente décision prise par la Commission européenne de décaler à nouveau, cette fois au 1er janvier 2027, la Fundamental Review of Trading Book, les nouvelles règles prudentielles pour les risques de marché.
Dans un contexte de combat public entre grandes zones géographiques, nous avons réfléchi aux moyens du rebond européen, dans notre supplément en partenariat avec l’Amafi. Avec une lecture à la fois critique et constructive, tant par Hubert Rodarie que par Karel Lannoo, des arguments présentés dans les différents rapports sur le sujet. Mais il est aussi question des moyens à déployer pour aboutir à des solutions : Delphine d’Armazit revient sur le manifeste réunissant nombre d’acteurs de la place, Olivier Vigna fait pour nous un point sur le dossier titrisation, avant les annonces de la Commission, Fabrice Demarigny détaille les atouts de définir une supervision adaptée, que ce soit au niveau national ou européen...
La poussée de fièvre des taux longs, en revanche, n’a pas été intégrée dans notre dossier sur les marchés de l’épargne. Car nul ne sait véritablement si ce vent durera ou pas. À la différence du développement des ETF et du private equity, terme générique qui couvre désormais mal une réalité de placements non cotés, allant des actions non cotées à la dette. Bref, un monde qui change... Mais en la matière, pour poursuivre notre clin d’œil au sponsoring sportif, nous sommes plus du côté de la petite balle jaune que de l’ovalie !