Un « cœur d’Europe qui en soit
Les discours flamboyants d’Emmanuel Macron sur l’Europe arrivent au moment où le Pacte budgétaire européen doit être revu. Un momentum donc, pour l’Europe, qui a rendez-vous avec elle-même pour décider de son avenir. De nombreux chantiers sont susceptibles de progresser sous l’effet de l’élan politique insufflé par Macron ou sous l’effet d’interconnexions objectives comme celle que souligne Pervenche Berès, membre du Parlement européen (voir son interview) : « De fait, le sujet de l'achèvement de
Outil emblématique d’une meilleure intégration de la zone euro, la mise en place d’un budget qui lui serait propre est proposée par Emmanuel Macron. Mais cette idée fait débat. Et selon l’économiste Laurent Quignon (BNP Paribas), des avancées sur la garantie européenne des Dépôts bancaires (troisième pilier de l’Union bancaire qui reste à créer) et sur l’Union des marchés de capitaux réduiraient le degré d’intégration budgétaire requis, celle-ci devenant alors moins difficile à réaliser (voir son article).
Sur toutes ces questions, la position de l’Allemagne est cruciale. Jan-Pieter Krahnen, affirme que, pour débloquer certains chantiers, il faudrait octroyer au MES de nouveaux outils. Par exemple, « le MES deviendra un backstop seulement s’il obtient des instruments crédibles permettant de déclencher des réformes structurelles dans certains pays ». Toujours selon l’universitaire allemand, la coalition qu’est en train de construire Angela Merkel (avec le FDP et les « Grünen ») ne devrait pas beaucoup changer la position allemande, quand certains commentateurs craignent un durcissement.
C’est le moment, pour les européens, d’essayer de rapprocher leurs positions. Si l’Europe, notamment la monnaie unique, ne parvient pas à améliorer son fonctionnement, les mouvements eurosceptiques (voir les textes d’Éric Dor et d’Emmanuel Sales) continueront de convaincre.