L’intelligence artificielle pratique

Créé le

25.03.2025

-

Mis à jour le

01.04.2025

Elle fut l’égérie des marchés boursiers américains. Elle est assurément un enjeu majeur dans l’environnement géopolitique actuel, où combattent férocement les États-Unis, l’Europe et la Chine. Pourtant, nous avons fait le choix de traiter ce sujet de manière très pratique, avec des cas d’usage mais aussi des réflexions sur la meilleure façon de l’implémenter ou encore de l’utiliser à bon escient.

C’est le sujet à la mode du moment : l’intelligence artificielle (IA). Dans l’univers des marchés financiers, six lettres firent fantasmer les investisseurs : NVIDIA. En janvier 2023, l’action du spécialiste des coprocesseurs cotait 15 dollars sur le Nasdaq, le marché boursier américain des valeurs technologiques. Le 22 janvier 2025, le titre était à 147 dollars. Fois dix en deux ans. Jolie rentabilité. En 2024, le chiffre d’affaires du groupe californien s’est établi à 130,5 milliards de dollars. Soit plus du double de 2023. Et ses profits se sont élevés à 74,3 milliards de dollars. Faites les comptes pour calculer la marge nette et... rêvez un instant.

Tout le monde n’a d’yeux que pour les États-Unis, leur domination technologique et cette remarquable performance boursière de NVIDIA. C’est dans cet environnement que le chinois Deepseek fait des annonces. Grâce à son modèle R1, il est capable de sortir les mêmes performances que ChatGPT, avec une efficacité économique bien meilleure. En une journée, NVIDIA perd plus de 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pour mémoire, nous sommes alors tout juste après l’entrée en fonction du président Trump. La technologie a ses raisons que la géopolitique n’ignore pas...

La France, aussi bien que les États-Unis

Le 10 et 11 février, la France organise, au Grand Palais à Paris, un sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle. Dès le début, le président français, Emmanuel Macron, annonce 109 milliards d’euros d’investissement dans l’intelligence artificielle dans les prochaines années. Et de préciser « c’est exactement l’équivalent de ce que les États-Unis ont annoncé avec Stargate, c’est 500 milliards, c’est le même rapport. » Vous l’avez lu dans le numéro précédent de Revue Banque ! « L’initiative Stargate repose sur une joint-venture impliquant les géants de la tech, comme OpenAI et Oracle, et sur des fonds privés et des partenaires en capital, en particulier la société japonaise Softbank et l’investisseur MGX », expliquait notre correspondante à Boston, Ingrid Hazard.

L’enjeu de l’IA est technologique, mais aussi politique et géopolitique ! De tout cela, dans les pages suivantes, nous ne parlerons pas. L’enjeu de l’IA est aussi réglementaire. L’IA Act est entré en application en août 2024. Ce texte, précurseur, définit les systèmes d’IA en fonction du risque. De l’inacceptable, en raison d’un risque de manipulation consciente, d’exploitation des vulnérabilités ou de catégorisation biométrique, à l’usage général, en passant par les risques spécifiques ou le haut risque. De cela, nous ne parlerons pas non plus. Ou presque pas !

Car dans la conception de notre dossier, nous avons choisi l’angle pratique. Bien sûr, pour écrire ses articles, la rédaction n’utilise pas l’IA. Une position expliquée à la fois par des sujets déontologiques, mais également économiques. Notamment le sujet des droits d’auteurs et des droits voisins. Qu’un délinquant force une vitrine pour s’emparer de la marchandise choquera une grande partie du public, que la technologie pille un média chagrine beaucoup moins.

Une expérience éditoriale exclusive pour débuter

Pour parler de l’IA pratique, nous avons décidé pour une fois de déroger à la règle. Le premier article du dossier a donc été écrit par une IA. La Française ! Le Chat de Mistral, car il faut bien aussi mettre en avant le savoir-faire local, en particulier lorsqu’il est reconnu de qualité par les experts. Pour ce premier article, nous avons toutefois fait appel à l’un d’entre eux, Gilles Moyse, le fondateur de ReciTAL. Et comme le sujet de l’IA fait souvent référence à des concepts d’efficacité, nous avons limité le chronomètre à une heure...

Ensuite, quitte à être dans la pratique, nous avons sollicité nombre d’établissements dans tous les secteurs couverts par Revue Banque (banque, assurance, asset management...) afin de vous éclairer via des cas d’usage. Autant le dire, la ressource fut rare ! Un grand merci donc à ceux qui ont accepté de jouer le jeu, et notamment aux équipes du groupe BNP Paribas. Pierre Ruhlmann nous détaille la stratégie de la banque commerciale de BNP Paribas, distinguant deux cas d’usage avec l’exploitation, d’un côté de l’IA traditionnelle et de l’autre, de la toute nouvelle intelligence artificielle générative. Celle qui nous a écrit notre premier papier du dossier !

Du côté de BNP Paribas Personal Finance, c’est dans le domaine juridique que l’IA a pris sa place. Emilie Bizard nous explique comment les publicités images (les vidéos ne sont pas encore concernées) sont monitorées par l’IA pour s’assurer du bon respect des règles. De son côté, François Duong (Swiss Life Asset Managers) a développé un GPT pour répondre aux indispensables appels d’offres pour gagner des budgets...

Ces nécessaires réflexions

S’inspirer des cas d’usage est une chose, mais il ne peut y avoir de bonne stratégie dans une entreprise sans bonne allocation des ressources. Comment donc faire les bons choix ? Joffrey Martinez nous donne la réponse avec un encouragement à la mesure, et à une bonne gouvernance de sa stratégie. Enfin, après avoir ouvert en évoquant nos réserves professionnelles sur le sujet, il nous est apparu opportun d’avoir une réaction plus large, en ne la limitant pas à l’efficience économique, mais en adoptant une approche sociétale. C’est le trio Pascal de Lima, Nicolas Vetriak et Aldrick Zappellini qui s’est livré à l’exercice.

Ce dossier n’est qu’une entrée en matière : il ne fait aucun doute que l’IA prendra de plus en plus de place dans le business dans la période à venir.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº903