Que penser des accomplissements du dernier G20, relativement faibles au regard de l’agenda de la présidence française et des ambitions affichées à l’issue du premier G20, en novembre 2008 ?
Faut-il lui accorder l’excuse de la jeunesse, à l’instar de la directrice du CEPII Agnès Bénassi-Quéré ? Il est vrai que le G20 est véritablement « né » de la crise de 2007, venant éclipser le G7 et le G8 sur les questions de politique économique. « Le G20 n’a que 3 ans, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives sur ce jeune enfant politique. Il est difficile d’obtenir un consensus dans le cadre du G20, mais il est difficile de formuler des déclarations dans ce domaine sans l’Inde ou le Brésil », déclarait l'économiste le 15 novembre dernier.
Peut-on accuser la nécessaire résolution de la crise européenne, qui aurait, de par son caractère d’urgence, retardé ou occulté certaines annonces ? Le secrétaire général de l’Elysée, Xavier Musca, rappelle en effet que l’Union européenne avait consenti d’énormes efforts pour arriver à Cannes avec un plan crédible de sauvetage de la Grèce et de la zone euro. « Mais, souligne-t-il, du fait de l’annonce-surprise du référendum grec, une bonne partie du sommet a consisté à remettre de l’ordre dans la zone euro en clarifiant la position grecque ».
Benoît Cœuré, directeur général adjoint du Trésor, souligne que le sommet de Cannes a été précédé par une année de travail de la part de groupes de travail transverses au FMI, à l’OCDE, au FSB et à quelques autres organismes. Les inputs techniques ne doivent pas être ignorés. « On ne peut s’attendre à ce qu’un sujet ouvert dans le cadre d’une présidence soit clos dans l’année », explique-t-il, en mentionnant l’exemple de la réforme de la réglementation bâloise, en passe d’être achevée au bout de trois années de discussions.
D’autres encore, à l’instar Daniel Lebègue, président de Transparence International France, se montrent plus réservés dans leur analyse. Il dénonce certains dossiers oubliés ou négligés, comme la fraude fiscale des entreprises. Il juge « modeste » le bilan des décisions prises dans le domaine de la lutte contre la fraude et les paradis fiscaux au regard des objectifs fixés lors du G20 de Londres, en avril 2009.
Peut-être, en conclusion, faut-il accorder au G20 un statut d’animal politique indéterminé, dont le rôle d’aiguillon dans les réformes de la sphère financière, même s’il ne se révèle pas conforme aux promesses de ses débuts, ne peut être ignoré.