Face à l’allongement de la durée de la vie et au défi qu’il pose au principe de la retraite par répartition, l’épargne retraite devient un enjeu crucial puisqu’elle vise à compléter les prestations fournies par les régimes de retraite par répartition. En France, elle est peu développée, si l’on tient compte uniquement des dispositifs
À l’intérieur de l’assurance vie, des dispositions de la loi PACTE vont encourager l’épargne longue, sans pour autant faire de l’assurance vie un dispositif dédié à la préparation du départ en retraite.
Au travers de cette loi PACTE en préparation, qui devrait être présentée en Conseil des ministres fin mai 2018, voire début juin, Bercy cherche à encourager l’investissement en actions ; or, plus l’horizon de placement est long, plus cette classe d’actifs est pertinente. L’épargne retraite stricto sensu va donc elle aussi être réformée pour devenir plus attractive. Elle va d’abord être simplifiée, car l’offre de dispositifs est aujourd’hui peu lisible. Et à l’occasion de cette réforme, le gouvernement risque de favoriser certains acteurs plutôt que d’autres. Deux grandes catégories d’acteurs opèrent sur le marché de l’épargne retraite : le PERCO entre très clairement dans le giron des gérants d’actifs et de l’épargne salariale ; quant aux autres produits, ils sont à dominante assurancielle.
Chaque camp défend son modèle :
- les assureurs affirment qu’un véritable produit de retraite doit procurer une rente viagère, seule véritable protection contre le risque de longévité : chacun ignorant la date de son décès, il est difficile, pour un particulier, de gérer lui-même un capital censé subvenir à ses besoins jusqu’à la fin de sa vie (voir également les arguments d’Odette Cesari). Et les produits assurantiels offrent cette rente : avec le PERP, il est possible de percevoir au maximum 20 % du capital épargné et les 80 % restants donnent lieu à une rente ; avec l’article 83, c’est tout le capital épargné qui est transformé en rente viagère ;
- les gérants d’actifs mettent en avant la préférence des Français pour une sortie en capital. Un sondage confié à Audirep par Natixis Interépargne et Amundi montre que 77 % des Français préfèrent une sortie en capital. En effet, en prenant l’exemple d’une épargne accumulée de 100 000 € au moment du départ en retraite, plus de 77 % des épargnants interrogés préfèrent disposer librement de l’intégralité du capital (et des futures plus-values) avec retrait possible à tout moment, plutôt que d’une rente viagère de 325 € par mois. Le faible montant de la rente explique sans doute la réponse des personnes interrogées. En effet, la rente coûte cher, ce qui peut la rendre impopulaire.