Cap sur les métiers de demain

Créé le

18.08.2026

-

Mis à jour le

01.09.2026

Le portrait-robot du banquier est en pleine recomposition. Dans un secteur qui emploie encore près de 370 000 personnes en France, la lente érosion des effectifs (voir infographie) ne signale pas la fin des recrutements. Elle révèle plutôt une transformation profonde du marché de l’emploi bancaire. Les établissements continuent d’embaucher, mais ils ne recherchent plus exactement les mêmes profils.

Conformité, analyse financière, crédit, data science, digital, cybersécurité... les métiers en tension restent nombreux. Les banques peinent même parfois à y recruter. « Certains postes peuvent rester vacants longtemps, soit parce que les établissements ne disposent pas d’un budget aligné avec les attentes des candidats, soit parce qu’ils recherchent le profil idéal ou le fameux “mouton à cinq pattes” qui, en réalité, n’existe pas », souligne Thomas Briffaut, responsable de la division Banque & Assurance – Financial Services de Michael Page. Recruter un cadre dans la finance peut ainsi prendre de trois à six mois.

Mais la transformation ne se joue plus seulement sur les compétences techniques. Dans un environnement marqué par l’accélération technologique, la pression réglementaire et la montée des exigences de conformité, les savoir-faire deviennent plus rapidement obsolètes. La capacité à apprendre, à s’adapter, à travailler en transverse et à exercer son jugement devient centrale. Curiosité, agilité, esprit d’équipe, résilience : les soft skills s’imposent désormais comme des critères de sélection à part entière.

Il n’existe donc plus de profil unique pour réussir dans la banque, comme en témoigne Jacqueline Arthur, Global Head of Human Capital Management de Goldman Sachs ( voir encadré).

L’accélérateur IA

L’intelligence artificielle (IA) accélère cette recomposition. Elle automatise certaines tâches, en enrichit d’autres, fait émerger de nouvelles fonctions et oblige les banques à repenser leurs politiques de formation, de mobilité et de recrutement. Elle nourrit aussi des inquiétudes légitimes sur l’emploi. Mais le sujet n’est pas seulement quantitatif. Au-delà du nombre de postes menacés ou créés, l’enjeu est de savoir quelles compétences resteront différenciantes, qui saura piloter les nouveaux outils et comment les organisations accompagneront cette transition.

Car le banquier de demain ne sera pas seulement plus technologique. Il devra être plus hybride. Il lui faudra être capable de comprendre les données, de manier les outils d’IA, mais aussi de garder la main sur le jugement, la relation client, la maîtrise des risques et la responsabilité des décisions. La technologie ne fait pas disparaître le rôle humain ; elle en déplace la valeur.

Dans ce dossier consacré aux mutations des métiers bancaires, Revue Banque explore les effets de l’IA sur l’emploi et les compétences, les nouveaux profils recherchés par les établissements, les enjeux de formation et d’employabilité, mais aussi le rôle désormais stratégique des directions RH. Car la transformation des métiers ne se joue pas seulement dans les outils, mais aussi dans la gouvernance, le dialogue social, la rémunération, l’attractivité et la capacité des banques à donner un cadre lisible aux parcours professionnels.

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À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº919