Malgré son poids dans l'économie mondiale, la Chine reste un pays émergent, dont la prospérité reste subordonnée à sa capacité à mettre en œuvre certaines réformes clés. Pour éviter l'écueil de ce que les économistes appellent le « piège du revenu moyen », le pays n'a d'autre choix que de sortir d'un modèle économique dont l'indicateur unique serait la seule croissance du PIB.
Preuve de la réalité de la menace qui guette la Chine, en 2013, la croissance chinoise s'est établie à 7,7 %, un niveau identique à celui enregistré pour 2012 et figurant parmi les plus mauvais résultats du pays en 13 ans. Et cela devrait se répéter. Ainsi, la Banque Mondiale, dans le rapport sur les perspectives de l'économie mondiale publié en janvier, prévoit que « la croissance du PIB chinois restera inchangée en 2014 à 7,7 % puis reculera à 7,5 % durant les deux années suivantes, en raison des efforts de désendettement et d’un moindre recours aux investissements induits par l’action gouvernementale. La région est exposée au risque d’une correction désordonnée des investissements chinois et d’un durcissement brutal des conditions de financement à l’échelle mondiale. »
La Chine n'a d'autre choix que de donner corps aux réformes annoncées en novembre 2013, à l'occasion du 3e plénum du Parti communiste chinois. La pérennisation de la croissance passe par une meilleure efficience des investissements et la construction d'un système social et de retraites.
La question du shadow banking reste également une épine dans la chaussure des autorités chinoises, et ce alors que le taux de prêts non performants tend à augmenter. Cela ramène à une question que se posent nombre d'analystes : quelle est la santé réelle des banques chinoises ? « À l’heure actuelle, le ratio des prêts non performants des grandes banques est très faible (moins de 1 % des crédits) et les provisions nourries par les énormes profits des années passées trois fois plus grandes. Mais il va monter autour de 3,5 % dans un scénario de base, 7 % dans un scénario noir. Les banques peuvent absorber les pertes, sauf dans le scénario noir, où le gouvernement central n’hésiterait pas à injecter ce qu’il faut de capital », explique Michel Aglietta.
De fait, les quatre principales banques chinoises affichent aujourd'hui des performances supérieures aux grandes banques internationales, en termes d'actifs sous gestion, de PNB ou de bénéfices. Ces chiffres avantageux masquent la réalité d'un marché financier « encore en devenir », pour reprendre l'expression d'Anne Marion-Bouchacourt, responsable pays pour la Chine de la Société Générale. Les défauts liés à des produits de gestion de fortune se sont accélérés depuis le début de l'année ; ils ont contraint des banques comme ICBC ou China Construction Bank à absorber les pertes pour éviter la faillite de milliers de porteurs et préserver leur
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