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Les BFI en pleine crise d’identité

Créé le

22.03.2012

-

Mis à jour le

28.03.2012

« En bonne santé en 2010 et même début 2011, les banques françaises avaient fait le choix de se conformer à Bâle III en faisant évoluer leur modèle sur 5 ans alors qu’un grand nombre de leurs consœurs étrangères avaient opté pour des changements plus rapides, analyse Fabrice Asvazadourian, coresponsable mondial des services finances chez Roland Berger. La crise de cet été a incité les établissements français à réduire leur période de mutation à 24, voire 18 mois. » La transformation consiste à diminuer l’importance des activités les plus coûteuses en fonds propres,  mais aussi les plus gourmandes en dollars. Parmi les entités les plus touchées, « les BFI ont vu leurs encours pondérés des risques baisser de 15 % entre mi- et fin 2011 et leurs besoins de financements en dollars de 40 % », calcule Pierre Reboul, partner chez Roland Berger.

Le big bang touche inégalement les trois grands métiers de la BFI, selon une étude du cabinet de conseil en stratégie sur les banques françaises :

  • les activités de taux sont les plus affectées. Leurs revenus baissent de 30 %. « Certains métiers de taux peuvent perdre jusqu'à 80 % de leur création de valeur dans un environnement Bâle III en raison des coûts en fonds propres et en liquidités liés à ces activités, estime Pierre Reboul. En revanche, sur le change ou les matières premières, des opportunités existent. » Par exemple, la volatilité des prix sur ces marchés induit une demande forte, de la part des entreprises notamment, pour des couvertures ;
  • les métiers actions résistent bien. Leurs revenus baissent seulement de 5 % ;
  • le financement quant à lui est en recul de 10 %. Les banques prêtent moins facilement mais elles continuent d’originer des crédits qu’elles cèdent à d’autres investisseurs. C’est le modèle originate-to-distribute. Le concept n’est pas nouveau, mais il est remis à l’ordre du jour par le contexte réglementaire actuel.
Ultime tendance : les banques ont réduit ou mis en extinction les activités pour compte propre. Toutefois, leurs activités d’accompagnement des clients les conduisent parfois à mener des opérations pour compte propre (voir l’exemple en encadré), la frontière entre les deux univers étant poreuse. S. G.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº747
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