Les Français aiment la voiture. Depuis plus d’une centaine d’années, l’histoire de l’industrie tricolore est intimement liée à l’automobile. Un lien qu’on pourrait croire mis à mal avec la nécessaire prise de conscience environnementale et l’interdiction de la vente des véhicules thermiques neufs d’ici à 2035, afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2), d’oxydes d’azote (NOx) et de particules. Cette échéance marque, certes, un tournant majeur dans l’histoire de l’automobile, mais aucunement un désamour. Elle est une opportunité pour repenser de manière plus responsable notre mobilité et nos comportements. Pour accompagner cette transition et donner accès à une mobilité décarbonée, les banques joueront un rôle d’accélérateur, aux côtés des constructeurs et des distributeurs.
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France s’est résolument engagée sur la voie de l’électrification de son parc automobile. Selon l’Ademe1, au cours de sa vie, une voiture électrique (VE) a un impact carbone deux à trois fois inférieur à celui d’un modèle similaire thermique. Et pour encourager les Français à passer pour de bon à l’électrique, il faut qu’un triptyque soit au rendez-vous : des prix abordables, une autonomie suffisamment importante et des infrastructures de charge nombreuses et opérationnelles. Outre ces trois points essentiels, une politique incitatrice pour les consommateurs a aussi été mise en place : bonus écologique, prime à la conversion, avantages fiscaux...
Dans ce contexte, les VE gagnent progressivement du terrain dans les rues et dans le cœur des Français. Fin 2023, le cap symbolique du million de VE mis à la route depuis 2010 a été franchi. Un chiffre porté par la forte hausse des ventes depuis 2020 : en seulement quatre ans, plus de 840 000 VE ont été immatriculés, représentant ainsi 16 % des ventes totales. La dynamique suit la même trajectoire fulgurante au niveau européen, avec une part de marché de 14,6 % pour les VE, dont les ventes dépassent pour la première fois celles de véhicules diesel2.
Électrification à grande échelle
Cependant, l’avènement du VE n’est pas exempt de défis. Comme souvent, quand une innovation fait son entrée sur le marché, le prix pour se l’offrir grimpe. L’achat d’un VE est donc un investissement financier très lourd pour les foyers. C’est ici que le leasing entre en scène. En permettant à tous les Français d’accéder à l’usage d’un VE sans supporter le poids initial du coût d’achat, ce mode de financement flexible – en location avec option d’achat (LOA) ou en location longue durée (LLD) – s’est mué en véritable moteur de la mobilité durable. D’un point de vue purement financier, si l’on compare le leasing à un crédit amortissable, on remarque que les loyers du leasing peuvent être presque divisés par deux, par rapport à la mensualité d’un crédit. Dans le cas d’un leasing, le montant financé correspond à la valeur d’usage du véhicule contrairement à un crédit où c’est sa valeur totale qui est financée. Le leasing s’avère donc être une solution facilitant l’accès aux VE et la mise en place d’offres comme « Mon leasing électrique » avec des mensualités autour de 100 euros par mois sont à pérenniser.
Et le succès ne s’est pas fait attendre. D’abord adopté par les entreprises et les professionnels avec la LLD (qui représente 63 % du financement des professionnels)3, le leasing a aussi séduit les particuliers, actuellement plus friands de LOA. En 2023 en France, la LOA représentait 87 % du financement de véhicules neufs chez les particuliers4. Cependant la LLD progresse désormais plus vite que la LOA car les particuliers y perçoivent plusieurs avantages : la possibilité de changer régulièrement de véhicule et donc de bénéficier des dernières avancées technologiques notamment sur le VE dont les autonomies sont de plus en plus performantes, des loyers souvent moins élevés qu’une LOA et plus aucune contrainte concernant la revente de son véhicule, celui-ci étant restitué au loueur à l’issue du contrat de location. Cette tendance devrait s’accélérer avec la nouvelle directive sur le crédit à la consommation qui soumettra la LOA au taux d’usure.
Consommation vertueuse
Cette progression incroyable du marché du leasing met en lumière un autre phénomène : le changement structurel qui s’opère dans notre société. Certes, ce boom de la location est une conséquence de la hausse des prix des véhicules ces dernières années (+20 %), et notamment des VE, mais elle est aussi le signe que les Français et les Européens ont fait un choix, celui de consommer autrement. En une dizaine d’années, nous sommes passés d’une économie de la propriété à une économie d’usage. On loue des vêtements, des smartphones, des panneaux solaires, des outils... Cette approche prône la réparation, le prêt, la seconde main, en somme l’achat conscient.
Le leasing s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle vision de la consommation : avec des contrats d’une durée moyenne de trois à quatre ans, il crée automatiquement, à la fin du premier contrat de location, un marché de l’occasion constitué de véhicules bien entretenus, avec un kilométrage correct (10 000 à 15 000 km par année en moyenne) et qui peuvent eux aussi être financés en leasing à des loyers très compétitifs. Cette dynamique contribuera à rendre les VE plus accessibles au plus grand nombre.
Dans cette évolution sociétale de fond, la banque a un rôle clé à jouer : un rôle de facilitateur de la transition écologique, en finançant une mobilité électrique ; un rôle d’éclaireur, en soutenant les entreprises innovantes ; enfin, un rôle d’accompagnateur, en informant les consommateurs et en leur donnant les moyens d’accéder à des solutions plus durables.
Aujourd’hui, nous sommes les maillons essentiels de la transition écologique en détenant la capacité financière cruciale pour soutenir des initiatives telles que le leasing de VE. Car on peut l’oublier, mais quand un conducteur s’engage dans un contrat de leasing avec une banque pour financer un véhicule en LLD ou en LOA, c’est bien la banque qui en est le propriétaire. C’est la banque qui assume le rôle d’acheteur, permettant ainsi aux individus et aux entreprises de s’engager activement dans des choix écoresponsables sans supporter l’entièreté du coût initial.
Et cet engagement ne s’arrête pas là. Les banques ont choisi d’aller plus loin que le « simple » financement de véhicule et se positionnent désormais comme un véritable fournisseur d’accès à la mobilité, en étant à la fois propriétaire des véhicules, loueur et fournisseur de services. Via des partenariats avec des spécialistes, nous permettons à nos clients de s’équiper de bornes de recharge, nous facilitons l’entretien des véhicules, nous proposons des assurances, etc. La banque devient ainsi un acteur central de la mobilité, capable de répondre à tous les besoins afférents. C’est là que réside la force du modèle bancaire. Il a su s’adapter et suivre les évolutions de la société.