La fintech française a repris des couleurs et gagné en maturité

Créé le

04.07.2025

-

Mis à jour le

18.07.2025

Avec 827 millions d’euros levés au premier semestre 2025, le retour en grâce de la fintech française se confirme. L’écosystème et ses financements ont cependant bien évolué.

C’est une hausse de 32 % par rapport au premier semestre 2024 ; la fintech française a levé près de 827 millions d’euros de fonds au premier semestre 2025. La reprise amorcée en 2024, après une année 2023 difficile, se confirme. Les financements sont en hausse, mais les opérations se font de moins en moins nombreuses. 48 au premier semestre, soit un recul de 8 % comparé à la même période de 2024. Le ticket moyen est supérieur et les entreprises financées ont davantage de maturité.

L’assurtech bien placée

Le Semestre de la fintech”, publié par L’Observatoire de la fintech, en partenariat avec KPMG et e-Toro, vient de paraître et confirme les tendances observées en 2024. Les métiers de l’investissement (181 millions d’euros) et du financement (173 millions d’euros) arrivent en tête de ces levées de fonds du premier semestre 2025. Le “megadeal” de Younited avec le Special Purpose Acquisition Company (SPAC) Iris FinanciaL et l’Initial Public Offering (IPO) afférente sur Euronext Paris et Amsterdam, opération au travers de laquelle 153 millions d’euros de trésorerie ont été injectés, a joué pour une très grande part. L’assurtech, de son côté, occupe la troisième place quant aux fonds levés. Ce qui lui permet de conserver la première place en termes de fonds levés cumulés, à hauteur de 2 524 millions d’euros. Les métiers dits “B2B”, services aux acteurs financiers et middle, back offices, occupent respectivement les quatrième et cinquième rangs des fonds levés durant les six premiers mois de 2025.

Côté profil d’entreprises, et non secteurs d’activité, les investisseurs font preuve de davantage de sélectivité. Ils recherchent de la stabilité et attendent des entreprises qu’elles deviennent rentables, tout au moins qu’elles prouvent qu’elles en ont la capacité. Comme observé en 2024, les financements en amorçage se font plus difficiles.

Le capital risque concurrencé

La nature des investisseurs elle-même a évolué et les sources de financement se sont diversifiées durant ce premier semestre 2025. Le recours au capital-risque est longtemps resté un modèle prédominant pour le développement des entreprises de la fintech. Mais ce dernier, et les levées de fonds elles-mêmes, ne sont désormais que des possibilités parmi d’autres. Le financement public reste un véritable moteur.

Mais il est plus en plus complétés par, Business Angels, dettes structurées et fusions-acquisitions. A noter, sur ce segments, souvent sur des entreprises de taille plus importantes, 23 opérations ont été comptabilisées, attestant d’un ralentissement par rapport aux précédentes années, intenses sur ce plan. La majorité de acquéreurs sont des entreprises, françaises. Enfin, l’auto-financement, bien que minoritaire, refait surface. L’Observatoire de la fintech qualifie cette évolution de “structurante” et voit dans cette diversification un autre signe de la maturité de l’écosystème fintech.

Enjeux majeurs dans les services de paiement

Sur certains marchés, l’année en cours va être importante : tel est le cas des fintechs du secteur des paiements agissant via un statut ou un agrément. 2025 est une année charnière pour les Prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). Ils vont devoir passer au statut européen de Crypto Asset Services Provider (CASP), introduit par le règlement Markets in Crypto Asset (MiCA). La mise en conformité avec MiCA est un processus gourmand en termes de coût et elle entraînera dans son sillage une évolution intrinsèque importante de ces sociétés, tout en contribuant à assainir encore davantage l’écosystème.

Autre élément attestant d’une stabilisation du marché : les défaillances. L’étude de L’Observatoire de la fintech relève un “net recul”. Sept cas ont été recensés dans cette première moitié 2025, cela représente une baisse de 42 % par rapport au premier trimestre 2024. Mais quatre de ces cessations concernent des fintechs du paiement. L’absence de relais de croissance à des produits d’appel peu onéreux, voire gratuits, constitue un des facteurs récurrents et le segment paraît saturé.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº907